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Pendant 2 jours, Pau accueille le congrès du maïs

Depuis ce mercredi matin, le congrès du maïs 2022 se tient au Palais Beaumont de Pau. Durant deux jours, près de 600 congressistes vont plancher sur le thème : «Le maïs français au service de la souveraineté alimentaire et énergétique de l’UE». Cette première journée est consacrée assemblées de sections (semences, sorgho, irrigants…). Demain, jeudi 24 novembre, Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et Christiane Lambert interviendront lors de la séance de clôture.

© Adobe stock

«Les années se suivent et ne se ressemblent pas.» Tel est le constat implacable du président de l’AGPM, Daniel Peyraube, dans son édito d’ouverture du rapport d’activité de l’association maïsicole, qui tient son congrès à Pau ces 23 et 24 novembre. Après une année 2021 record en termes de rendements, 2022 aura déçu. La faute à une canicule et une sécheresse qui sont les marqueurs visibles du changement climatique. Conjuguée à une baisse des surfaces, cette situation météorologique affecte au final la récolte française qui «pourrait être l’une des moins importantes depuis 20 ans.»

Après être revenu sur les tensions qui animent le marché du maïs ces derniers mois, tensions décuplées par le conflit entre l’Ukraine et la Russie, le rapport d’activité s’inquiète de la hausse des coûts de l’énergie. «Cette situation pèse sur les perspectives de croissance mondiale et européenne faisant craindre une baisse des prix des matières premières agricoles, dont le maïs, liée à la diminution de la demande», note l’AGPM, qui craint un ciseau de prix en raison de la hausse du coût des intrants liée aux prix de l’énergie (gaz pour le séchage, électricité pour l’irrigation…).

L’arrivée de l’Omnibus

Parmi les autres sujets d’actualité évoqués dans ce rapport, et notamment le combat conduit par la profession durant les négociations de la réforme de la PAC, l’AGPM aborde le sujet de la gestion des risques. Ce fut en effet un des gros dossiers de l’année 2022.

«La recrudescence des aléas climatiques aura encore une fois démontré la nécessité pour les producteurs de se protéger contre ces risques et pour les pouvoirs publics de réformer un système assurantiel à bout de souffle afin de le rendre attractif au plus grand nombre», commente l’AGPM. L’adoption de la loi du 2 mars 2022 portant sur la réforme de la gestion des risques a marqué le point de départ de cette réforme, avec pour ligne d’arrivée son entrée en vigueur au 1er janvier 2023.

Sur ce dossier, l’AGPM a pris part aux travaux dès l’annonce du projet de réforme en participant aux débats parlementaires puis aux discussions techniques sur le choix des curseurs et de l’orientation budgétaire, en défendant avec vigueur et ténacité la mise en place des critères du règlement Omnibus pour les grandes cultures. «Une demande qui a abouti, non sans peine, aux annonces du Président de la République en septembre 2022 lors de l’Inauguration des Terres de Jim.»

Des arbitrages financiers à concrétiser

Dès 2023, le seuil de déclenchement des contrats d’assurance multirisques climatiques sera fixé à 20% de pertes et les assurés bénéficieront d’un soutien public renforcé à hauteur de 70% de la prime. Pour les risques les plus élevés, excédant 50% de pertes pour les grandes cultures, l’État, via le fonds de solidarité national, prendra le relais des assureurs en indemnisant les assurés à hauteur de 90%. «Ces modalités, très attendues par la filière grandes cultures, étaient des conditions essentielles pour la mise en place d’un dispositif équitable et équilibré.»

Emmanuel Macron a également garanti l’enveloppe de 600 millions d’euros, et annoncé une clause de revoyure si le budget venait à dépasser les 680 millions d’euros. «Un arbitrage favorable qui vient concrétiser un travail de longue haleine mené par l’AGPM, convaincue, depuis de nombreuses années, que l’assurance (avec la mise en place des moyens de prévention comme l’accès à l’eau) est l’une des conditions pour favoriser la résilience de notre agriculture contre les aléas climatiques.»

L’AGPM relève également que «ce succès est aussi le fruit d’un travail syndical constructif grâce à une étroite collaboration avec les associations spécialisées grandes cultures et d’une forte unité syndicale au sein de la FNSEA entre filières végétales et animales.»

Assurance récolte : un cahier des charges à finaliser

Au-delà de l’architecture globale du nouveau système, l’AGPM entend rester mobilisée notamment sur l’élaboration du futur cahier des charges de l’assurance récolte. La révision des barèmes de prix assurés, la prise en compte des spécificités de la production de semences dans la définition du rendement objectif, ou le maintien de certaines pertes de qualité dans le cadre subventionnable, font partie des priorités défendues par l’association maïsicole.

Enfin, l’AGPM demande dans son rapport que «le chantier de la moyenne olympique quinquennale, servant de base à l’historique de rendement, soit ouvert sans attendre. Le travail syndical est donc loin d’être terminé avec encore de nombreux sujets qui devront être traités pour que la mise en œuvre de la réforme soit un véritable succès !»

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