Aller au contenu principal

La nouvelle identification ovine suscite un flot de critiques

L'obligation de l'identification électronique des petits ruminants n'a pas convaincu les acteurs de la filière, mais le processus est dans une phase trop avancée pour envisager de revenir sur cette mesure.

file-Trois ans après l'instauration de la mise en place de l'identification électronique des ovins, les acteurs de la filière dressent un bilan très mitigé. Un point positif toutefois : une meilleure traçabilité et la gestion facilitée des signes de
Trois ans après l'instauration de la mise en place de l'identification électronique des ovins, les acteurs de la filière dressent un bilan très mitigé. Un point positif toutefois : une meilleure traçabilité et la gestion facilitée des signes de
Industrialisation de l'élevage, technologie inutile, coûts élevés, contraintes administratives supplémentaires: l'identification électronique des petits ruminants a suscité de nombreuses critiques. Un rapport du conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) du ministère de l'agriculture, remis en juin mais publié fin 2013, confirme que ce dispositif revêt un intérêt assez limité. Rappelons que, depuis juillet2010, un règlement européen impose aux éleveurs de moutons et de chèvres d'identifier leurs animaux avec une boucle contenant une puce électronique RFID, sur laquelle sont inscrits le numéro de l'élevage et le numéro de la bête. Ces puces étaient censées favoriser la traçabilité, la sécurité sanitaire et faciliter le travail des éleveurs. Début 2013, le CGAAER, qui a voulu évaluer le dispositif, s'est rendu compte que le bilan était totalement négatif. «Intérêt limité» Les acteurs interrogés par le CGAAER sont très critiques envers ce nouveau dispositif. Les petits éleveurs (80% des cheptels ovins et caprins comptent moins de 50 animaux) estiment que «ça coûte cher et ça ne sert à  rien». Ils ne comprennent pas que les mêmes règles s'appliquent quel que soit le nombre d'animaux. Les détenteurs de plus gros cheptels redoutent la complexité du dispositif et le risque, en cas de contrôle, de pénalités sur les aides PAC. Chez les polyculteurs, lorsque l'élevage ovin est marginal par rapport aux autres productions, «certains font le choix de cesser cette activité pour ne pas courir le risque de se voir pénalisé, au titre des aides communautaires, se reportant sur une activité céréalière plus lucrative», note le rapport. En résumé, l'identification électronique est vue comme une «contrainte réglementaire» de plus pour les éleveurs. Le point de non-retour À l'autre bout de la chaîne, le constat est mitigé: le commerce de bétail et la coopération, qui espéraient des gains de productivité, «ne cachent pas leur déception face aux performances des matériels de lecture» qui fonctionnement mal, «ralentissent les opérations» et «exigent la présence d'un opérateur, ce qui génère des surcoûts». La seule opinion favorable émane de l'industrie de la viande, qui apprécie «une meilleure traçabilité des viandes et la possibilité de gérer facilement les signes de qualité». Malgré ces critiques, «un point de non-retour» semble atteint, la majorité des bêtes étant équipées. «Pratiquement tout le monde l'a mis en place à  part quelques réfractaires», constate Sébastien Duroy, responsable de projet identification animale à  l'Institut de l'élevage. «Mais il n'y a qu'une portion très minoritaire qui le valorise au quotidien: c'est perçu comme une contrainte réglementaire coûteuse et inutile, alors que l'outil pourrait permettre une meilleure gestion du troupeau», développe-t-il. Dans ce contexte, le conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux recommande «d'étudier les pistes permettant de réduire les coûts de l'identification», et de subventionner les achats groupés de matériel. Les éleveurs ont jusqu'à  décembre 2014 pour équiper l'ensemble de leur cheptel.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Le Sillon

Les plus lus

Le portail « voyageur » a retrouvé sa place devant les locaux de la DDTM

En l’espace de deux semaines, l’action conduite par le réseau FDSEA/JA a fait parler d’elle et a permis de mettre en exergue…

DNC : la levée de la ZR 6  lance une douce reprise des mouvements

C’est un premier soulagement pour les éleveurs du Sud-Ouest. Après plusieurs semaines de blocage, Robin Barbé, installé à…

Les salariés de Grabé-Bidau devant le showroom
Grabé-Bidau, une entreprise familiale au service de l’agriculture depuis 60 ans

Créée en 1965 à Lombia (64) par Jean Grabé-Bidau et son épouse Marie-Thérèse, l’entreprise de mécanique agricole rayonne…

Saint-Valentin: des fleurs dans les serres, des étoiles dans les yeux

Pour la fête des amoureux, Camille Rebolle-Laborde propose des fleurs produites sur sa ferme à Lasseube (64).

Quand l’entrepreneuriat s’ancre dans son territoire

L’Ifocap Adour a donné la parole à deux jeunes femmes entrepreneures à Sauveterre-de-Béarn, qui se sont appuyées sur les…

43e Foire de Navarrenx : un gros programme d'animations

Les 31 janvier et 1er février prochains, Navarrenx accueille la 43e Foire du matériel d’occasion, un…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 98€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site du Sillon
Consultez le journal Le Sillon au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal du Sillon