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Dialoguer pour sauver la filière

Salle archi-comble et réflexion de fond sur l'avenir du métier de berger, de la production de lait de brebis et de la zone montagne ont caractérisé cette nouvelle édition organisée le 11 octobre à  Aicirits.

C'est devant une salle comble que le président de la chambre d'agriculture, Jean-Michel Anxolabéhère, a ouvert le chapitre de ces huitièmes assises ovines, assisté de Daniel Lartigue, président de la commission ovins lait, ainsi que de Philippe Meunier, éleveur en Corse. En revanche, le bassin de Roquefort, pourtant très attendu par l'assistance, a brillé par son absence. Toutefois, la réunion, axée sur la double thématique de l'étude prospective « berger demain » et de la hausse des coûts, a été suivie avec beaucoup d'attention. Le lait, valorisateur de la montagne
Tout d'abord, il convient de saluer l'excellent travail de l'Institut de l'élevage qui a permis de fixer un état des lieux exhaustif de l'ovin lait, sur les trois bassins de production traditionnels. Emmanuel Morin, de l'IDE, présentait les principales étapes de cette recherche. Desquelles il apparaît que le lait de brebis permet de valoriser la zone montagne mais que le vieillissement inéluctable de la population active incite à  apporter très vite de nouvelles solutions pour pérenniser cette activité emblématique. « Le contexte difficile n'incite pas à  l'optimisme, a déclaré le président de la chambre d'agriculture et éleveur lui-même, mais il n'est pas question de sombrer dans le fatalisme et, surtout, éviter une concurrence imbécile entre bassins ». Or, justement, un problème a interpellé une partie de l'assistance, illustrant les difficultés d'un juste équilibre des volumes entre les trois bassins. En deux mots, un fromage pàte pressée identique à  notre Ossau- Iraty a fait son apparition sur les linéaires locaux, à  un prix inférieur au nôtre. Il émane du bassin de l'Aveyron, issu d'une fromagerie présente sur les deux bassins à  la fois et a été perçu comme une véritable agression commerciale sur le territoire de l'Ossau-Iraty. D'où un certain malaise. Mais, « face aux menaces existantes, érosion continuelle du nombre de bergers, vieillissement des tranches d'àge, concurrence des autres fromages français et européens, l'heure est à  l'entente plutôt qu'aux déchirements entre professionnels défendant chacun son pré-carré », a rappelé Daniel Lartigue. Dans les trois bassins, la filière peut s'appuyer sur des acquis à  préserver. L'image du pastoralisme est bonne, ses produits reconnus et labellisés. Les schémas de sélection des races locales fonctionnent bien ainsi que les structures locales de collecte et de transformation. Des potentiels sont à  développer comme la diversification des produits, fromages et agneaux de lait, mais aussi l'attractivité touristique car la fonction pastorale ne peut se limiter à  sa seule mission alimentaire. Elle entretient également le tissu social en zone défavorisée et contribue à  l'entretien des espaces et des espèces endogènes, entre autres.
Les problématiques communes comme l'installation des jeunes et la préservation du revenu incitent à  la création d'un projet collectif de cette filière, regroupant un quart du cheptel ovin français, pour conforter sa compétitivité territoriale. D'où la mise en place souhaitée d'un comité stratégique national. Derrière cette théorisation de bon ton, persistent quelques failles propres à  lézarder l'édifice, telles les importations de lait d'un autre bassin ou de l'étranger. Pour beaucoup, les vraies questions sont comment harmoniser les volumes entre bassins pour éviter une concurrence sournoise sur le lait et les produits dérivés. À cela une seule réponse, c'est par le dialogue qu'on arrivera à  résorber les points de tension. « Apporter des réponses communes consensuelles », voilà  la conviction de Daniel Lartigue, qu'il souhaiterait partager avec le plus grand nombre. Michel Bengoechea
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