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Whisky et bière made in Vercors

Revenu d'Irlande avec un master en management, des envies de création, de malt d'orge et de houblon, Martin Tores, jeune trentenaire, fabrique aujourd'hui ses bières et son whisky dans le Vercors, à  Villars-de-Lans. « Je réalise un vieux rêve de dix ans : vivre un an en Irlande et revenir avec des idées de fabrication de bières en utilisant des matières premières locales, explique-t-il avec fierté. Il me reste maintenant à  trouver un local mieux adapté de 200 m2 pour la fabrication des bières et du whisky, accueillir le public pour les visites et la vente sur place ».
En 2009, Martin Tores crée son entreprise artisanale. Afin de lancer son projet, il emprunte 60 000 euros aux banques, achète aux enchères un terrain de 2000 m2 à  1 100 m d'altitude à  Villars-de-Lans. « Ce terrain que personne ne voulait, c'est une vraie mine d'or, souffle Martin. Il y avait déjà  des plantes sauvages locales comme la menthe du Vercors, la reine des prés. J'ai planté 200 plants de houblon — il y en aura 2 000 d'ici un an — 20 plantes aromatiques et médicinales pour aromatiser mes bières et des baies, comme des cassis, des framboises, des myrtilles, des groseilles. À court terme, je veux devenir autosuffisant en houblon et produire des bières et un whisky aux arômes du Vercors ». Martin Tores a converti son jardin en culture biologique. Sa culture est certifiée Qualité France.
Eau, orge et céréales du Vercors « Des matières premières locales », tel est son credo. Le jeune homme a fait appel à  des paysans locaux en fin de conversion en AB pour être livré en grains d'orge et de céréales. Pour fabriquer ses boissons alcoolisées, brassées, il utilise l'eau du Vercors. « Avant de me lancer, j'ai réalisé plusieurs essais avec des eaux locales du Vercors et de la vallée pour le brassage de la bière, raconte-t-il. Il est plus délicat de fabriquer de la bière à  1 100 mètres d'altitude à  cause des réactions physicochimiques. Je suis obligé de stocker car mon local est peu accessible pendant les journées d'hiver. Quand il fait froid, j'utilise des levures de fermentation basse. J'ai loué une maison. Mon local est mal isolé. L'été, je prends des levures de fermentation haute ».
Cette année, il a entrepris des expérimentations pour obtenir une eau-de-vie de bière de haute qualité. Il a distillé une de ses premières brassées de bière noire. Résultat : une eau-de-vie au goût très particulier. « Le whisky est issu de l'eau-de-vie de bière, souligne Martin. Comme je fabrique sept bières différentes, blonde, noire, ambrée, rousse toutes certifiées biologiques, je peux expérimenter des qualités différentes de whisky. 10 % de la bière est destinée à  la distillation, soit l'équivalent de 200 litres/mois. »
Martin Tores fait appel à  un distillateur de la région pour élaborer son whisky, dont les premières petites bouteilles, sous forme de mignonnettes (5 centilitres) seront commercialisées aux foires de Noël de la région, à  Lans-en-Vercors, Sassenage et autres villages du coin En fait, le jeune entrepreneur, qui va opter pour le statut d'agriculteur solidaire en 2011, a eu l'idée de vendre ses whiskys, ses eaux-de-vie, ses bières sous la forme de sachet de dégustation, un package cadeau au prix de 20 euros. « Je vais proposer ce concept de produits dans mes tournées, dans les foires, les salons locaux tout en faisant de la dégustation gratuite » soutient-il.
Il a également lancé une marque « bière du Vercors » qu'il compte faire connaître dans les circuits courts, les distributeurs locaux, les épiceries de pays, les magasins biologiques, les cavistes et sur internet. Il est aussi à  la recherche d'un distillateur biologique pour obtenir le label bio pour son whisky.
Martin Tores a un emploi du temps très chargé pour produire ses 400 litres de bière/semaine. Il consacre 15 heures de travail pour le brassage, une semaine pour la fermentation, 3 semaines pour la fin de fermentation en cuve et une journée pour la mise en bouteilles. Soucieux de préserver l'environnement, il consigne les bouteilles de bière en rendant 10 centimes/bouteille au client. « Cela permet de réduire la facture énergétique globale, de préserver notre planète. Je privilégie le cycle local ». Pierre-Louis Berger
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