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Vacances laborieuses en estives

Les bergers transhumants ont ouvert leurs cabanes pour faire découvrir les secrets de ce métier si particulier.

Lieu de travail, mais aussi lieu de vie, durant près de trois mois, la cabane est le centre de la vie estivale des bergers transhumants. Comme leurs aînés, ces derniers continuent à  passer l'été sur les sommets. Comme autrefois, leurs journées sont rythmées par les opérations de traite, de fabrication des fromages et de surveillance du troupeau. Une profession mythique, empreinte de liberté, mais aussi un rêve que caresse de nombreux citadins. Justement, durant deux jours pendant l'été, huit bergers proposent de faire découvrir leur quotidien et les produits de leur travail. L'opération, baptisée « cabanes ouvertes », a vu le jour l'année dernière, à  l'initiative de l'Association des bergers transhumants des trois vallées du Béarn. Le but est de promouvoir le fromage d'estive mais aussi de communiquer autour de l'activité des bergers. La première journée a eu lieu le mercredi 21 juillet sur les divers sites, répartis entre les vallées d'Ossau, d'Aspe et du Barétous. Sur le secteur de la Pierre-Saint-Martin, le temps maussade n'a pas découragé une trentaine de touristes venue des quatre coins de l'Hexagone. Ce territoire, rattaché à  la commune d'Arette, compte une dizaine de cabanes communales réparties entre une quinzaine de bergers. Parmi celles-ci, la cabane d'Arlas est occupée depuis trente-quatre ans par la famille Pucheu. Cédric, vingt-six ans, est actuellement à  la tête de l'exploitation. Il élève un troupeau composé de 470 brebis et de douze vaches. Durant une grande partie de l'été, son marathon journalier débute dès six heures du matin par la traite des brebis puis des vaches. Une tàche réalisée encore manuellement qui ne nécessite pas moins de trois heures de labeur. Suivront la préparation des fromages puis le gardiennage du troupeau sur les hauteurs, aidé par ses deux chiens. La valeur du temps n'est pas celle d'en bas Dans l'après midi, retour à  la cabane, avec les travaux d'affinage puis de nouveau la traite à  partir de dix-huit heures. Ce quotidien bien rempli occupe ainsi Cédric jusqu'à  la mi-août, date à  laquelle débute le tarissement des brebis. Malgré ce rythme de travail, le jeune homme avoue attendre cette période avec impatience, « l'été, ce sont les vacances du berger ». Un sentiment partagé par son voisin de cabane, Joseph Libarle-Laborde, « ici, le temps ne défile pas comme en bas. On sait que l'on a des tàches à  réaliser on s'adapte. Le soir, on peut se retrouver à  la cabane pour partager avec les autres bergers ». Même si des modernisations ont été apportées aux cabanes, le métier des jeunes bergers reste donc le même que celui de leurs parents. « L'eau et l'électricité ont apporté un confort supplémentaire », se réjouit tout de même Cédric. Les anciennes cabanes en pierres sèches, dotées d'une pièce unique, ont, il est vrai, laissé place à  des constructions plus spacieuses et « surtout plus étanches », de l'aveu même de sa mère, Annie. Les mises aux normes ont également permis d'améliorer l'hygiène ainsi que les conditions de travail. Joseph Libarle-Laborde rapporte qu'« il faut sortir des préjugés qui affectent le métier ». En effet, aujourd'hui, les bergers se trouvent très souvent accompagnés de leur famille en estive. Gràce à  ces conditions de production exceptionnelles, les bergers pyrénéens fabriquent des fromages au goût unique, qui ne manquent pas de surprendre les visiteurs. Joseph commente que l'herbe d'estive confère au fromage un goût plus prononcé, qui peut varier en fonction des conditions de pàturage, « les jours d'orage le fromage sera par exemple plus fort ». Avec un tel produit, les deux jeunes bergers se disent confiants pour l'avenir. Ils entendent ainsi vivre encore longtemps de leur passion en perpétuant les traditions qui ont fait la renommée de leur territoire. Fabien Brèthes
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