Un millésime « un peu bizarre »
Ce millésime 2011 est un peu spécial du fait des caprices météorologiques mais intéressant à travailler quant à la maturation.
Les secs sont en avance
Dire que les vendanges sont en avance est toutefois un peu exagéré. « Cela est vrai pour les secs, complète Irène Guilhendou du Domaine Latapie à Gan. D'un point de vue général, nous allons vers une vendange généreuse. Les vignes sont en pleine forme, la capacité de photosynthèse magnifique et donc, pour les moelleux, un potentiel à rester longtemps sur les vignes ». Ces derniers ne devraient donc pas être récoltés plus tôt et, de fait, les producteurs ont planifié un millésime à maturité longue. « Nous sommes dans l'intuitif complet », lançait Thierry Bousquet, tandis que Gisèle Bordenave insistait sur le fait qu'il fallait en profiter. « Nous sommes plus sur la finesse avec beaucoup d'arômes que dans la puissance ».
La récolte ne se présente pas de la même façon selon les vignobles. Ainsi Pierre Coulomb, du Domaine Guirardel à Monein, souligne l'apparition, avec les fortes précipitations du début de l'été, de champignons en nombre inquiétant. « Heureusement cela n'a pas été dommageable ». Plus inquiétantes, en revanche, quelques chutes de grêle, certes ponctuelles, mais qui entravent la production de certaines parcelles. C'est particulièrement le cas chez Jean Louis Lacoste (Domaine de Nigri à Monein).
Agréable pour le vigneron
Toujours de manière globale, à l'image de Pierre Saubot, on estime que ce millésime a été assez agréable pour les vignerons. « Cela permet de penser qu'il sera également agréable pour le consommateur. Dans tous les cas, cela nous change des années particulièrement difficiles que furent 2007, 2008 et 2009 ». On l'aura compris, 2011 devrait être riche en surprises et en saveur. Le savoir-faire des indépendants sera prépondérant dans la dernière ligne droite de ces vendanges pas tout à fait comme les autres, accompagnées de nombreux événements culturels pour valoriser les produits (150 références) proposés par la Maison du Jurançon à Lacommande. Les responsables de la Route des vins (sur notre photo ci-dessus les coprésidents) ont un autre objectif. « Nous devons aller au-delà de notre reconnaissance dans les coteaux vers les consommateurs de Pau, Toulouse ou Bordeaux, mais, également faire sortir nos vignerons, car nous représentons un produit inimitable, même si en quantité restreinte au regard d'autres vignobles ».
Philippe Delvallée