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Sylviculture : l'heure de la reconquête

La sylviculture, qui représente en Aquitaine 35.000 emplois directs ou indirects (production, transformation, commercialisation), est toujours impactée des conséquences de la tempête Klaus: 35 millions de mètres cubes de bois ont été mis au sol en 10 heures «Pour l'heure, notre souci est de conserver l'ensemble de nos emplois sur toutes les entreprises en aval de notre production, à  savoir les scieurs en premier lieu puis les commerciaux», note Florence Gaby, secrétaire générale du Syndicat des sylviculteurs des Pyrénées-Atlantiques, lors de l'assemblée générale le 16 mars à  Aicirits.

Les débouchés du bois sont multiples: du bois bûche et bois plaquettes forestières pour la biomasse et le bois énergie, jusqu'à  la tonnellerie ou la grume, bien utile à  certains artisans, sans omettre la papeterie. Cette dernière souffre beaucoup en ce moment: «Après avoir connu une ère de renom à  travers le site de Facture (Gironde), elle a subi le contrecoup de notions d'écologie qui ont énormément noirci le tableau. Or cette filière a fait de gros effort en évoluant quant aux produits chimiques utilisés», poursuit Florence Gaby. Une secrétaire générale qui refuse ces attaques «écologiques»: «Nous avons un vrai rôle écologique depuis bien longtemps. Tous les propriétaires forestiers, agriculteurs, savent qu'ici en matière d'érosion et de maintien des sols dans nos dénivelés, le bois est important, on n'a pas attendu que ce soit dans l'air du temps pour avoir un rôle écologique reconnu». Fausse perception Pour elle, la profession souffre donc d'une image mal reconnue: «On nous a collé une étiquette avec une tronçonneuse à  la main et on oublie facilement le travail que l'on fait en matière de replantation, car le forestier est conscient de son patrimoine qu'il aime en replantant pour les générations futures. Notre handicap est peut-être notre faible nombre et de faire peu parler de nous». Les soucis liés à  la papeterie pourraient bien priver les sylviculteurs d'un maillon essentiel dans la chaîne de sa santé: «Si cette filière vient à  nous manquer, ce sera très problématique car si nous n'avons pas une multiplicité de débouchés, nous devrons laisser le bois sur pied n'ayant plus d'acheteurs en face» déplore Mme Gaby. Débouchés à  (re)conquérir Mais dans ce tableau, tout n'est pas noir et des signes positifs existent comme la qualité du bois local: «Nos bois locaux ont une valeur souvent sous-estimée ou méconnue, souligne la secrétaire générale. On commence tout juste à  parler des qualités de l'acacia qui a souvent été oublié alors qu'en matière de menuiserie extérieure, il peut remplacer des bois exotiques comme le teck qui ont été importés massivement». Pour redynamiser la filière, plusieurs pistes prometteuses existent. Comme le site de Lacq en pleine période de reconversion. Actuellement, les élus en charge de ce territoire travaillent pour trouver des solutions visant à  redynamiser ce bassin d'emplois. Les forestiers sont fortement impliqués dans ce qui n'est pour l'heure qu'une étude mais qui intéresse fortement les industriels par le biais du bois énergie. Voilà  qui pourrait permettre d'exploiter la manne de bois du département. Enfin un constat: l'importante perte durant les 25 années écoulées de scieurs tant en Béarn qu'en Pays basque pose un problème majeur comme le rappelle la secrétaire générale: «Lorsque l'on arrive à  sortir des grumes dans des conditions clémentes de météo, il faut les stocker avant leur transformation. Or, ces plateformes de stockage manquent. Nous devons donc travailler, avec l'aide du conseil général, pour trouver de nouvelles solutions en matière de transport, de voies de desserte». Fabrice Borowczyk
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