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PAC et Farm Bill en parallèle

Thierry Pouch est formel: les Américains sont plus généreux envers leur agriculture que les Européens. Alors que l'UE consacre 0,6% de son produit intérieur brut à  sa politique agricole commune, le Farm Bill pèse 1% du PIB des États-Unis. Économiste de l'APCA (Assemblée permanente des chambres d'agriculture), Thierry Pouch était ce lundi 17décembre au lycée agricole de Pau-Montadon. À l'invitation du président Jean-Michel Anxolabéhère, de la chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques, M.Pouch est venu livrer son analyse des négociations actuellement menées de part et d'autre de l'Atlantique.

file-Selon Thierry Pouch (à  droite au premier plan), le prochain Farm Bill américain dépend en grande partie du niveau 
d'endettement des USA et de la réduction de leur déficit : il en est de même pour la PAC, de ce côté-ci de l'Atlantique. © Le S
Selon Thierry Pouch (à  droite au premier plan), le prochain Farm Bill américain dépend en grande partie du niveau
d'endettement des USA et de la réduction de leur déficit : il en est de même pour la PAC, de ce côté-ci de l'Atlantique. © Le S
De ce côté-ci de l'Atlantique, on se souvient que les chefs d'État ne sont pas parvenus à  un accord sur le budget communautaire lors de leur sommet des 22 et 23 novembre derniers (cliquez ici). Il faut dire que la dégradation des fonds publics, doublée d'un problème de gouvernance, n'incite guère les gouvernants à  mettre la main à  la poche. Pour les États membres de l'UE comme pour les USA, la priorité est plutôt à  la réduction de la dette car les économies sont encore sous les effets de la crise. Crise que M. Pouch impute en grande partie à  l'éclatement de la bulle immobilière de 2006 et ses conséquences sur la finance et l'économie mondiale. La zone euro est ainsi en récession alors que dans le même temps, les pays émergents (Chine, Inde) affichent des taux de croissance qui frôlent les deux chiffres: +9,5% prévus en Chine pour 2012. Loi de l'offre et de la demande Dans ce contexte, les marchés des matières premières agricoles ont connu la flambée que l'on sait avec un pic en 2008 suivi d'une chute en 2009. Depuis lors, la tendance est de nouveau haussière, comme en témoignent les niveaux des cours du mais, du blé ou du soja. M.Pouch rappelait aussi que le marché dépend évidemment de ses fondamentaux que sont l'offre et la demande. Mais des phénomènes annexes tels que le prix des carburants ou bien les stratégies des acteurs financiers jouent un rôle d'amplificateur des tendances et donc accentuent la volatilité. Cette situation est plutôt favorable aux céréaliers, elle engendre en revanche de graves difficultés pour les filières animales. Des difficultés que chiffre l'institut de l'Élevage au travers de son Ipampa (indice des prix d'achat des moyens de production agricole). Contexte difficile Les filières bovine, ovine et caprine mais aussi avicole ont du mal à  obtenir de la grande distribution une répercussion de ces hausses des charges, malgré une intense pression exercée depuis plusieurs mois. Il est vrai que l'on assiste à  «un décrochage de la consommation» dans les pays développés tels que le nôtre, constate Thierry Pouch. Et pour des contrées en voie de développement, l'économiste de l'APCA n'exclut pas l'hypothèse d'un possible retour aux émeutes de la faim. Tel est donc le contexte dans lequel les Américains préparent leur nouveau Farm Bill avec, semble-t-il, les mêmes difficultés qu'en Europe. Leur futur projet de loi agricole devrait voir le jour en 2014 avec de nouveaux outils et de nouvelles priorités, notamment en matière de gestion des risques liés au climat mais aussi aux marchés. PAC 2014 ou 2016? De telles orientations sont aussi évoquées dans le cadre de la réforme de la politique agricole européenne. S'il y a consensus sur ces objectifs sur le «triple défi» (économique, environnemental et territorial) que la PAC devra permettre de relever, les négociations se poursuivent autour de concepts tels que couplage, harmonisation, convergences, verdissement L'APCA et le syndicalisme agricole majoritaire suivent de très près ces discussions qui dicteront les nouveaux modes de répartition des aides. Mais le premier objet de mobilisation reste le maintien du niveau budgétaire. Ce maintien n'est nullement garanti: à  preuve, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, propose un budget de 973 milliards d'euros, soit une réduction de 75 milliards par rapport aux demandes de 1047 milliards d'euros de la Commission. Divergences et incertitudes sont telles que, selon M. Pouch, «il est désormais admis que la PAC 2014 ne sera pas mise en application en 2014 mais plutôt en 2015 ou 2016». Un report d'échéances que, vraisemblablement, les organisations agricoles ne manqueront pas de mettre à  profit pour poursuivre leur action de lobbying. Guy Mimbielle
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