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Madiran : densité et enrichissement posent soucis

Dans le cadre d'un plan de réduction des vins de moins bonne qualité, les producteurs de Madiran ont décidé d'adopter un rendement au pied. Cette nouvelle orientation nécessite donc certaines modifications et la venue d'une commission d'enquête. D'autre part, l'application du nouveau règlement européen remet en cause la spécificité du Pacherenc doux.

Une densité faible, sur le vignoble, correspond à  2.500 pieds/ha, soit 40 à  45hl/ha, une densité forte à  8.000 pieds/ha. Le syndicat des producteurs de vin de Madiran voudrait parvenir à  une moyenne de 4.000 à  5.000 pieds/ha, soit 58 à  59hl/ha pour une meilleure homogénéisation qualitative de l'appellation. Au regard de l'évolution du décret de cette dernière datant de novembre 2011, moins il y a de pieds, plus le rendement autorisé devra diminuer. D'autre part, un nouveau règlement européen voudrait interdire l'enrichissement pour les vins dont le degré d'alcool est supérieur à  15° avant vinification. Or, ce qui fait la typicité du Pacherenc doux, obtenu par passerillage (NDLR : technique permettant d'enrichir le raisin en sucre par concentration et perte de volume en eau), c'est un subtil équilibre entre alcools, sucres et acidité. Ce sont des vins qui ont un potentiel de 17 à  18° nécessitant un enrichissement de l'ordre de 1 à  1,5%. «Depuis 1948, commente Robert Dutour, l'enrichissement est en usage constant. Par sa décision, l'Europe remet en cause l'existence du produit. Certaines AOC pourraient vivre avec cette règle mais pas nous». Et le président de l'Organisme de gestion de l'appellation de préconiser une mobilisation générale «contre une loi scélérate ne prenant pas en compte les particularismes de certains terroirs». Philippe Delvallée
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