Les éleveurs affichent leur plan anti-crise
Pour sortir enfin du marasme, la Fédération nationale bovine, en congrès à Angers, propose
un nouveau projet économique fondé sur des relations de filière modernisées, assurant plus de transparence et favorisant une meilleure valorisation de la production
Du coup, Pierre Chevalier, président de la FNB, s'interroge sur ce que veut réellement l'Europe en termes de modèle de production agricole. Veut-elle garder sa sécurité d'approvisionnement ? Veut-elle préserver son indépendance en matière alimentaire ? Veut-elle éviter de voir les importations en provenance d'Amérique du sud atteindre 40 % des voluames consommés ? Veut-elle garder son indépendance sanitaire ? Préfère-t-elle éviter les viandes issues d'élevage en « feed lot » à la mode argentine et brésilienne ? Veut-elle préserver une diversité de territoire ou aboutir à un modèle unique ? Si l'UE répond oui à toutes ces interrogations, alors « ceci aura un coût » et c'est l'ensemble de la société qui devra le supporter. Et dernière menace apparue : une multiplication des initiatives contre la consommation de viande.
La FNB compte bien passer à l'offensive donc. Tout d'abord en interpellant le ministre de l'agriculture en faveur d'un moratoire afin d'éviter l'alourdissement des charges. Ensuite, en plaçant au coeur des discussions de la future PAC la prise en compte des risques environnementaux et sanitaires. Elle propose aussi une base de discussion pour la sécurisation de l'engraissement (lire entretien avec Thierry Rapin).
Enfin, l'interprofession doit se prononcer sur la réaffectation de ses moyens de communication vers le sociétal. Les éleveurs, et toute la filière avec eux, doivent convaincre les institutionnels, le grand public et les citoyens sur l'utilité alimentaire, économique et environnementale de la filière bovin viande. Une campagne est prévue à l'automne.