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Les conversions bio en France marquent le pas

D’après les chiffres dévoilés par l’Agence bio au Space le 15 septembre pour la période entre janvier et fin août, les conversions ralentissent de 37% sur un an, et les arrêts de certifications bio marquent parallèlement une hausse de 42%, alors que les chiffres étaient restés plutôt encourageants en 2021.

Tout en espérant que le ralentissement soit passager, la Coopération agricole ne regarde pas forcément d’un mauvais œil la baisse des conversions, « alors que les débouchés se raréfient », remarque-t-elle.
© Réussir

Dans le détail, les conversions entre le 1er janvier et la fin août 2022 se sont élevées à 4.071 exploitations, contre 6.411 en 2021 sur la même période. Pendant ce temps, près de 2.174 producteurs bio n’auraient pas renouvelé leur certification, contre 1.533 un an plus tôt. D’après les projections de l’agence d’ici la fin de l’année, la France devrait malgré tout gagner au total 1.000 agriculteurs bio sur un an, soit une hausse de 2%.

Pierrick De Ronne, président de Biocoop, souligne que ses équipes surveillent de près les arrêts de certifications, redoutant «la déstabilisation des filières» : «Repartir en conventionnel, c’est se tirer une balle dans le pied à moyen terme. L’enjeu est de faire entendre les problèmes des filières, et d’y répondre par des hausses de prix légitimes», estime le patron du plus grand distributeur spécialisé français.

Moins de convertis

À l’inverse, la Coopération agricole rassure sur les déconversions. «Nous constatons quelques arrêts, mais il n’y a pas de mouvements massifs», estime Bastien Fitoussi, responsable des filières bio. Tout en espérant que le ralentissement soit passager, les coopératives ne regardent d’ailleurs pas forcément d’un mauvais œil la baisse des conversions, «alors que les débouchés se raréfient», remarque-t-il. Et de rappeler que plusieurs acteurs comme Eureden ou Sodiaal ont stoppé dans les dernières années leurs incitations à la conversion en œuf et en lait.

La baisse d’enthousiasme des producteurs pour la certification serait due à des facteurs tant économiques que politiques. «Au 15 mai dernier, le cadre sur les aides n’était pas encore clair, or on n’engage pas de conversion sans être assuré d’avoir un soutien», observe Jérôme Caillé, président de la commission bio de la Coopération agricole. Dans le même temps, rappelle-t-il, la grande distribution a réduit la taille des rayons bio au nom du pouvoir d’achat et des gammes premier prix. Dès juin 2022, le baromètre publié par l’Agence bio a confirmé une baisse de 5% des références bio entre 2020 et 2021 (données Nielsen).

Effet d'aubaine

Pour Julien Sauvée, président de la FRAB Bretagne, le phénomène s’expliquerait aussi par l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché depuis 2015. «Nous avons développé une bio difficilement crédible pour le consommateur, avec des opérateurs qui ont lancé des projets surdimensionnés.» La FNAB plaide pour limiter la taille des élevages bio, «nous avons une responsabilité collective», estime l’élu syndical. Pierrick De Ronne évoque de même une forme «d’opportunisme» : «En dehors des cas de difficultés personnelles, on peut se demander si certaines personnes qui se déconvertissent actuellement ne sont pas venues récemment dans le bio parce que le marché était porteur.»

La demande reste pour l’Agence bio le levier principal pour dépasser la tempête. «Il va falloir d’abord stimuler la consommation si nous voulons accueillir de nouveaux agriculteurs», répète Loïc Guines, président de l’agence. Un appel d’air qui pourra venir de la restauration collective ou commerciale, de la transformation, ou encore de nouvelles campagnes grand public à la suite du Bioréflexe, diffusé récemment à la radio. Tout comme la FNSEA, la Coopération agricole rappelle qu’elle défend, depuis plusieurs années déjà, l’idée de conditionner les aides à la conversion à une forme de contractualisation.

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