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Le secteur bio a le vent en poupe

Selon les données chiffrées de l’année 2017 de l’Agence BIO, le secteur de l’agriculture biologique se porte bien. Par rapport à l’an dernier, on a dénombré 16% de producteurs en plus, et une croissance 15% des surfaces.

file-Les ventes de boissons alcoolisées bio ont été multipliées par deux au cours de cinq dernières années. Par ailleurs, la France exporte un tiers de sa production de vin bio.
Les ventes de boissons alcoolisées bio ont été multipliées par deux au cours de cinq dernières années. Par ailleurs, la France exporte un tiers de sa production de vin bio.

Au 31 décembre 2017, 53.940 opérateurs étaient engagés en agriculture biologique, soit +14,5% en un an, dont 17.276 transformateurs, distributeurs, importateurs ou exportateurs, soit +16% par rapport à 2016. Côtés producteurs, on en dénombrait 36.664 dans l’Hexagone, soit 4.900 de plus en un an, ce qui représente une augmentation de 13,6% par rapport à 2016. Cela porte la part des exploitations françaises engagées dans le bio à 8,3%. Les surfaces agricoles bio sont estimées à 1,77 million d’hectares, soit une croissance d’environ 15% en un an, avec près de 520.000 hectares en conversion. Ainsi, 6,5% de la SAU sont conduits selon le mode de production biologique.

«2017 est une année record pour ce qui est du nombre d’agriculteurs bio. Mais qu’est-ce qui peut bien pousser un agriculteur conventionnel à passer au bio?» s’interroge Gérard Michaut, le président de l’Agence BIO qui a lui-même franchi le pas il y a dix-huit ans. Réponse : «Aujourd’hui, il y une diminution du nombre de produits phytosanitaires pouvant être utilisés, du coup les agriculteurs se demandent avec quoi ils vont bien pouvoir travailler. Alors, ils sont nombreux à sauter le pas. On peut dire que les agriculteurs ont une vision d’avenir plutôt qu’une vision opportuniste. Je crois qu’ils ont envie de mieux coller à la société. Et puis ce sont souvent les femmes des agriculteurs qui aident leur mari à passer en bio parce qu’elles ont la responsabilité du monde de demain et qu’elles se préoccupent de la sécurité et de la qualité des produits».

La Nouvelle-Aquitaine à la seconde place

Les principales régions bio poursuivent leur développement avec des croissances d’environ 13%, en phase avec la moyenne nationale. L’Occitanie compte 8.156 producteurs bio et les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine en dénombrent respectivement 5.375 et 5.316. Dans les régions comptant le moins d’agriculteurs bio, l’accroissement des fermes engagées en bio est élevé. C’est le cas pour les Hauts-de-France (+ 21%), l’Outre-mer (notamment Réunion et Guadeloupe), la Corse et l’Île-de-France.

Les grandes cultures maintiennent des niveaux d’engagement similaires à 2016, en Occitanie mais aussi en Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et Bourgogne-Franche Comté. La filière laitière progresse toujours, malgré un net retrait par rapport aux années record de 2015-2016, notamment en Bretagne, Pays de la Loire ainsi qu’en Auvergne-Rhône-Alpes. Quatre filières montrent des niveaux d’engagement fort. La viticulture s’étend fortement en Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans le Grand Est. La production des fruits se développe essentiellement dans la moitié Sud et aussi en Normandie. Les productions légumières progressent surtout dans la moitié Sud, à la faveur des légumes sous serre et des primeurs, et dans une moindre mesure en Bretagne et à La Réunion. L’agriculture biologique gagne par ailleurs du terrain dans la production de volailles (filières chair et œufs) en Bretagne et Pays de la Loire et, dans des zones de grandes cultures, en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine.

Fin 2017, il y avait 4.752 distributeurs dont 735 nouveaux, soit + 18% et selon les estimations, le marché des produits alimentaires bio dépasserait les 8 milliards d’euros en incluant la restauration hors foyer. Le secteur bio demeure le facteur de croissance majeur du secteur alimentaire avec une croissance de 16% en un an, soit + 1,11 milliard d’euros, légèrement en retrait par rapport à celle constatée en 2015 et 2016 qui s’établissait à 21,7%, soit +1,20 milliard d’euros.

Une locomotive pour le commerce

Les grandes et moyennes surfaces alimentaires affichent une croissance de 20,5%, avec un dynamisme marqué pour le commerce de proximité (+23%) et l’e-commerce des grandes enseignes (+33%), c’est-à-dire essentiellement le drive. Les magasins spécialisés ont un dynamisme plus modéré, autour de 15%, essentiellement du fait des réseaux spécialisés dont le nombre de magasins a progressé de 7,5% en 2017. Les ouvertures de 2016, qui montent en puissance en 2017, ont aussi contribué à la croissance.

Les ventes des fruits et légumes frais, des boissons alcoolisées (dont le vin), des produits de la mer-traiteur et de l’épicerie ont doublé au cours des cinq dernières années avec une accélération particulière en 2016. Les ventes de produits du rayon crémerie, comprenant notamment les œufs et le lait dont la part de consommation en bio est élevée, connaissent une progression plus lente, mais dépassant tout de même +40% au cours de cette période. Il faut enfin préciser que 71% des produits bio consommés en 2016 en France étaient issus de la production hexagonale.

Les principales importations sont les fruits et légumes, les céréales et les produits d’épicerie. La France exporte un tiers de sa production de vin bio. Il faut rappeler qu’aux termes des États généraux de l’alimentation, le Premier ministre a annoncé un prochain programme en faveur du développement de l’agriculture biologique, fixant un objectif de 15% de SAU en 2022, 50% de produits bio, d’autres signes de qualité ou locaux dans la restauration collective. «L’objectif de 15% de la SAU est pleinement atteignable» conclut Florent Guhl, directeur de l’Agence BIO.

Valérie Godement

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