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La terre agricole attire les investisseurs

Y aura-t-il demain suffisamment de terres cultivables pour satisfaire les besoins alimentaires mondiaux ? Seront-elles suffisamment attractives pour attirer les investissements ? C'est à  ces questions que s'est efforcée de répondre la Société des agriculteurs de France (SAF) lors d'un séminaire qui avait pour thème « les terres agricoles au coeur des enjeux mondiaux ».

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Tous les scénarios étudiés de par le monde montrent qu'il reste des réserves de terres arables plus ou moins faciles à  mettre en culture. Ce potentiel est très élevé en Amérique latine, en Afrique subsaharienne où les surfaces pourraient être multipliées par cinq et dans l'ex URSS où elles pourraient doubler. Il est beaucoup plus faible dans les pays développés de l'OCDE et très faible en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Plus de la moitié des terres disponibles sont concentrées dans dix pays : Congo, Madagascar, Soudan, Tchad, Zambie, Argentine, Brésil, Pérou et Colombie, mais seulement la moitié du potentiel de ces pays serait utilisable en raison de l'éloignement du marché. Eau, température et urbanisation D'autres facteurs sont également à  prendre en compte pour évaluer le potentiel réellement utilisable : l'étalement urbain et l'artificialisation des terres qui devraient continuer de croître en Chine et en Europe : on estime qu'il faut 50 hectares pour 1.000 habitants. L'état des ressources en eau et l'augmentation de la température sont également à  prendre en compte. Les différentes prospections tablent sur une augmentation de la température de 1° en 2050 ce qui devrait se traduire, notamment, par une augmentation du potentiel agricole en Europe, un assèchement du pourtour méditerranéen, un déplacement des cultures de mais et de blé qui diminueraient dans les zones australes et augmenteraient dans les zones boréales. Selon une étude de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) plus de 70% de l'augmentation de la production agricole dans le monde proviendrait essentiellement de l'augmentation des rendements dans les pays en développement. Ces potentiels de croissance attirent bien évidemment les investisseurs. Mais avant de choisir un pays, il convient d'évaluer ses forces et faiblesses en termes de surfaces disponibles, les besoins en investissement (achat ou location du foncier), les besoins en management locaux et en formation des personnels (facteurs limitant en Afrique notamment), évaluer les risques liés aux dévaluations ou aux évolutions politiques.  Une agriculture de firme Aussi, les investisseurs étrangers ont-ils tendance à  aller dans les pays où il n'y a pas ou peu de réglementation sur le foncier, pas de fiscalité, pas ou peu de structures administratives. De très nombreux projets existent, notamment en Afrique, mais beaucoup ne verront pas le jour. Pour Bernard Bachelier, directeur de FARM, ces projets pour être utiles doivent s'intégrer dans des projets de développement « Il y a de la place pour les investisseurs qui développent des filières et dans ce schéma la France a une place à  prendre ». Bien que moins présents que d'autres pays, des groupes français se lancent néanmoins dans l'exploitation de terre à  l'étranger à  grande échelle. C'est le cas par exemple de la société Agrogénération, du groupe Vilgrain, qui exploite 50.000 hectares en Ukraine avec un objectif de 100.000ha en 2012 réparties sur 12 exploitations. L'Ukraine a été choisie car dans ce pays il ne faut pas acheter le foncier et sa location est abordable (40 €/ha/an). Mais les investissements sont très lourds et ceux-ci ne devraient être rentables que l'an prochain. Philippe Vilgrain, président du Directoire d'Agrogénération, regrette également la frilosité des investisseurs français alors que les agriculteurs français jouissent d'une excellente réputation, notamment dans de grands pays agricoles comme l'Ukraine.
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