La méthanisation fait école
Le lycée agricole Jean Monnet, à Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées) a choisi de se placer à la pointe du développement durable et des énergies renouvelables.
L'ensemble de ces déchets organiques produira 225.600 m3 de méthane. Sachant qu'un mètre cube de méthane produit l'énergie d'un litre de fuel, cette production est équivalente à la consommation en carburant à l'année de 320 voitures effectuant 10 000 km/an. Le biogaz résultant de la méthanisation sera brûlé en cogénérateur (moteur gaz 110 kWe). EDF achètera l'électricité produite suivant les termes d'un contrat établi sur 15 ans (production de 780 MWh/an équivalente à la consommation électrique annuelle de plus de 200 ménages).
Le biogaz produira également de la chaleur pour le chauffage et la production d'eau chaude sanitaire du lycée, diminuant ainsi la facture de gaz naturel d'environ 50 %. Le taux de valorisation global de ce projet d'unité de méthanisation pourrait ainsi atteindre 81 %.
De plus, le digestat brut résultant de la méthanisation constitue un apport au plus proche des besoins du couvert végétal, exempt de graines d'adventices et de nombreux parasites et pathogènes des cultures et des animaux. Il peut être piloté comme un engrais minéral du fait de la transformation de plus des 2/3 de l'azote organique en forme minérale. Au-delà de son intérêt pédagogique, ce type de projet de développement durable, déjà répandu dans d'autres pays européens va permettre de dégager un revenu complémentaire pour l'exploitation agricole gràce à la vente d'électricité et éviter également l'émanation de plus de 860 tonnes de CO2 par an dans l'atmosphère. Il sera également créateur d'emploi et sécurisera l'ensemble du système d'exploitation dans un contexte actuel d'extrême volatilité des prix des produits agricoles. Essais sur mais
Depuis 2008, mené en partenariat avec Arvalis, l'Agence de l'eau Adour-Garonne et la chambre d'agriculture des Hautes-Pyrénées, l'exploitation du lycée Jean Monnet s'implique dans un essai pluriannuel sur les méthodes alternatives de désherbage du mais (chimique en réduction de dose, mécanique ou mixte avec le désherbinage). L'objectif de cette expérimentation est de comparer plusieurs itinéraires techniques afin de disposer de références locales (IFT, coûts programmes, rendement et salissement comparés, main d'oeuvre) pour faire évoluer les pratiques standards vers une moindre utilisation des herbicides. Elle participe également au plan Ecophyto 2018 via le groupe « grandes cultures » retenu sur les Hautes-Pyrénées.