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La FNSEA Nouvelle-Aquitaine décrypte les tensions sur les marchés

Les conséquences économiques du conflit russo-ukrainien viennent aggraver une situation déjà tendue, comme l’a rappelé Jean-Christophe Roubin, directeur de l’agriculture et de l’agroalimentaire à Crédit Agricole SA, lors de l’assemblée générale de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine, le 12 avril dernier.

file-Les membres de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine étaient réunis en assemblée générale le 12 avril, à Artigues-près-Bordeaux. Après les travaux internes le matin, ils ont écouté les interventions des invités.// Photo P. Dumont
Les membres de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine étaient réunis en assemblée générale le 12 avril, à Artigues-près-Bordeaux. Après les travaux internes le matin, ils ont écouté les interventions des invités.// Photo P. Dumont

Avant même le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russir, les stocks mondiaux de grains étaient faibles alors que la demande reste soutenue depuis le début de la pandémie en 2020 et que les prix sont élevés. Or, la Russie et l’Ukraine sont de grands pays exportateurs sur le marché.

Ainsi, si ces deux pays ne produisent ensemble que 14% du blé mondial, ils représentent 30% des exportations de cette céréale dans le monde. Or, depuis fin février et le blocage des ports de la mer Noire, le conflit cause de grosses perturbations sur les marchés avec une volatilité des prix, une concurrence accrue.

«L’UE doit se ressaisir»

Pour le marché français, les principales inquiétudes concernent les engrais et les produits oléagineux. Selon l’AGPM, de mauvaises récoltes sont attendues pour 2022 notamment en Chine et on ne sait pas ce que l’Ukraine sera en mesure de produire ou non. Pour Franck Laborde, secrétaire général de l’AGPM, «l’Union européenne doit se ressaisir ! Nous devons produire plus et mieux, y compris des énergies comme le biométhane et le bioéthanol. Nous devons assurer notre souveraineté alimentaire et énergétique».

Les filières animales sont également touchées, comme le souligne Xavier Nicolle, délégué à l’animation de filière à Interbev Nouvelle-Aquitaine. Les fortes tensions sur le gaz et les hydrocarbures pèsent sur celles-ci et viennent faire monter les coûts de production et de transport. Si une grande partie de l’alimentation animale est produite localement, la production est toutefois affectée par la hausse du coût des engrais. Les filières porcine et avicole sont les premières touchées avec l’arrêt des échanges venus de la mer Noire. En outre, on observe une décapitalisation sur la filière bovine, en particulier sur le cheptel laitier.

PAC et plan stratégique

S’agissant de la réforme de la PAC, le retour de la Commission européenne suite à l’envoi du plan stratégique national fait état de nombreuses observations négatives. (Pour en savoir plus >>>) La France a trois semaines pour répondre. Parmi les sujets qui posent problème, la BCAE 7 et les rotations parcellaires. «Nous ne sommes pas isolés sur cette question, précise Franck Laborde. Quatorze autres pays demandent le remplacement de la rotation par la diversification des cultures. Nous devons rester mobilisés pour défendre le maïs».

Après cet état des lieux, de nombreuses questions ont été posées : comment accompagner l’agriculture ? Faut-il se replier sur nous-mêmes ou nourrir la planète ? Peut-on augmenter nos prix ? S’il est aujourd’hui difficile de prédire les évolutions des prochaines semaines, tous s’accordent à dire que la loi Egalim 2 est encore plus d’actualité. Donner de la visibilité à l’agriculture est essentiel.

Les conditions pédoclimatiques placent la France en bonne position pour nourrir d’autres pays aux conditions moins favorables. En outre, l’élevage contribue au stockage du CO2. Dans un contexte de changement climatique et d’attentes sociétales toujours plus élevées, l’agriculture peut apporter sa pierre à l’édifice.

P. Dumont

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