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La filière laitière tente d’amortir le choc

Face au manque de débouchés et aux difficultés logistiques, la filière appelle chacun à lisser le pic de production de lait printanier.

file-Pour faire face au pic printanier de production, la filière envisage de stocker du beurre et de la poudre de lait.
Pour faire face au pic printanier de production, la filière envisage de stocker du beurre et de la poudre de lait.

Les jours et semaines qui viennent inquiètent toute la filière laitière. En cause : le tarissement de certains débouchés couplé au pic de production printanier et le manque de main-d’œuvre ou encore d’emballages. «La priorité est de faire face au pic de collecte de lait», explique Caroline Le Poultier, directrice générale de l’interprofession (Cniel).

La fermeture des débouchés de la restauration hors domicile, provoquée par les mesures de lutte contre le coronavirus, tombe au mauvais moment pour les producteurs de lait. Avec l’arrivée du pic de production printanière, les outils de transformation sont habituellement saturés, et notamment les tours de séchage utilisées pour transformer le lait en surplus.

«Cette surproduction risque de manquer de débouchés avec la fermeture de la restauration hors domicile et des exportations qui sont compliquées», insiste la directrice de l’interprofession. Alors pour faire face, les quatre collèges du Cniel, appellent tous leurs membres «à atténuer le pic de production printanier par un lissage impliquant tous les acteurs de la filière», tout en veillant à la poursuite de la collecte de lait. De nombreuses laiteries ont d’ores et déjà demandé à leurs producteurs de modérer le pic de lactation, notamment celles de petite taille ou en zone de montagne.

La filière envisage aussi de stocker, grâce à des aides européennes, du fromage de garde, du beurre et de la poudre. Pour le moment, la Commission européenne n’a pas encore décidé de mettre en place d’aides au stockage privé comme le souhaitaient certains États.

Des semaines difficiles

Outre le manque de débouchés, le manque de main-d’œuvre qualifiée, d’emballages ou des perturbations dans la sous-traitance semblent être les principaux sujets d’inquiétudes des transformateurs. «Il y a un problème de présence au travail des collaborateurs. Certaines usines accusent 10%, 20% voire 30% parfois de collaborateurs en moins. Il faut réadapter toute la chaîne logistique», observe Caroline Le Poultier.

Chez C’est qui le patron, faute d’emballage, la brique de lait n’aura dorénavant plus de bouchon. Un stock d’anciens emballages permettant de faire face à la rupture d’approvisionnement.

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