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La bio dans les Landes : des exploitations à conforter face aux changements

Si le département bénéficie de filières bien structurées, de nouveaux défis sont à relever au regard de l’évolution des marchés.

Dans la continuité des dix dernières années, novembre abrite l’opération le Mois de la bio en Nouvelle-Aquitaine. Plusieurs rencontres techniques sont au programme, dont deux organisées par la chambre d’agriculture dans les prochaines semaines (voir ci-dessous). Cette période est aussi l’occasion de brosser un état des lieux de l’agriculture biologique dans les Landes, avec Mireille Lavie-Juste, présidente de la commission dédiée de la chambre d’agriculture.

La bio en chiffres 

Dans les Landes, 14 929 hectares sont certifiés bio ou en phase de conversion, soit 7,2% de la SAU du département (Surface agricole utile). Ces surfaces ont progressé de 8,1% par rapport à 2019. Le département compte 450 exploitations bios, soit 11,1% des fermes du département (+7,9% par rapport à 2019).

Toutefois, après une décennie d’une progression constante et rapide, la ferme biologique landaise est appelée à stagner à moyen terme, avec le ralentissement des conversions enregistrées au cours des deux dernières années. «Nous sommes sur un palier, avec une forme d’équilibre dans de nombreuses productions, confirme Mireille Lavie-Juste. La dynamique de conversion est aujourd’hui stoppée par le manque de lisibilité qui existe sur différents points, sur le marché mais aussi sur la PAC par exemple… La nouvelle réglementation bio, entrée en vigueur en 2022 et qui instaure des exigences de production plus contraignantes, a sans doute aussi un effet».

Les fermes bios des Landes, des légumes et des grandes cultures

49% de la SAU bio du département abritent des grandes cultures. Ces surfaces représentent 6% de la SAU régionale des grandes cultures bios. Deuxième filière, les légumes de plein champ ou le maraîchage concernent 20% de la SAU bio départementale. Les Landes sont donc clairement le premier département de la région en Nouvelle-Aquitaine pour ses surfaces légumières bios.

Le département produit à lui seul 37% des légumes bios de Nouvelle-
Aquitaine. Ceci inclut la production de maïs doux qui est majoritairement localisée sur ce territoire. Les légumes de plein champ sont introduits dans les rotations des grandes cultures et représentent donc des surfaces importantes. Carottes, maïs doux, haricots, petit pois, pommes de terre, patates douces, poireaux constituent les légumes leader localement.

Le soja, le maïs et le tournesol sont bien présents dans les assolements des fermes céréalières du Sud du département comme au Nord. On note aussi une filière semences (maïs et tournesol) bien implantée avec les coopératives Maïsadour et Euralis qui ont développé des surfaces.

La faiblesse de l’élevage bio dans le département s’explique par un marché peu dynamique, mais aussi par la présence de filières IGP et label rouge très reconnues (les élevages de palmipèdes ne sont pas convertibles du fait de la réglementation).

Des microfermes en maraîchage

Une centaine de microfermes maraîchères ont émergé ces dernières années dans les Landes, dont une majorité sur le secteur littoral. Beaucoup sont portées par de jeunes installés hors cadre familial. Sur des surfaces de 1 à 3 hectares irrigués, ces fermes alimentent le marché local et la restauration collective. Leur développement est important mais il faudra surveiller leur rentabilité et accompagner ces nouveaux agriculteurs pour que leurs outils de production se pérennisent.

Le défi du changement d’échelle et l’adéquation offre/demande 

Dans un contexte où la consommation alimentaire totale des Français a diminué, celle de produits bio est aussi en baisse de plus de 10% dans certains segments. Au-delà d’un effet de conjoncture, des interrogations sur la pérennité de l’équilibre économique de l’Agriculture biologique sont apparues, avec la baisse des ventes plus marquée en grande distribution non spécialisée (52% des ventes de bio en 2021).

«Aujourd’hui, la balle est dans le camp des consommateurs, au travers des arbitrages qu’il va faire dans ses achats, commente Mireille Lavie-Juste. Les contraintes vis-à-vis du pouvoir d’achat ont forcément un impact. Je crois aussi qu’il y a des changements d’habitudes alimentaires plus profonds dont on doit tenir compte… Les pouvoirs publics affichent l’objectif de 18% de surfaces bio en France en 2027. On y arrivera seulement si le consommateur le veut bien».

Face à cet état des lieux, la dynamique des conversions doit être mise en adéquation avec la situation de l’offre et de la demande. «À ce jour, certains équilibres sont fragiles, poursuit l’élue de la chambre d’agriculture. La plupart de nos productions correspondent à des marchés assez petits, d’où le besoin de se tenir constamment informé de l’évolution des débouchés, et plus globalement d’être prudents sur la création de nouveaux volumes…».

Cependant, les exploitations qui ont fait le choix du bio ne se déconvertissent pas, mais se diversifient et restent dans une dynamique d’innovation technique forte pour rester performantes et répondre aux attentes d’un marché concurrentiel.

Enjeu et perspectives

Si son externalité environnementale la plus exigeante constitue un atout majeur de la bio, le niveau de performance des agriculteurs biologiques Landais est aussi un point fort très important localement.

«Notre premier défi est sans doute de conforter les exploitations existantes, explique Mireille Lavie-Juste. Cela passera notamment par l’innovation technique et pourquoi pas la recherche de nouvelles productions… Un autre levier consiste à accroître la valeur ajoutée en allant plus loin dans la transformation par exemple, quand la situation de l’exploitation le permet. Ce sont notamment ces logiques que nous avons voulu mettre en avant lors des prochaines journées techniques…».

La logistique et la structuration des acteurs de l’aval vont être essentielles pour le maintien et le futur d’une bio landaise durable et viable. «L’obligation d’introduction de produits bios en restauration collective est une opportunité, si l’on parvient à dépasser les problématiques du prix et la logistique», note Mireille Lavie-Juste.

Le développement d’une «bio locale landaise» apparaît aussi comme un challenge. «Il y a un défi important vis-à-vis de la communication, confirme la responsable professionnelle. À ce titre, des démarches sont déjà faites, notamment par Interbio Nouvelle-Aquitaine. Il y a là aussi des leviers sur lesquels on peut travailler, notamment autour de l’importance prise par la notion de l’origine et le local».

F.B.

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