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Le foie gras, patrimoine culinaire et gastronomique français

Pour la troisième année consécutive, le Cifog (interprofession du foie gras) profite des Journées du Patrimoine pour mettre en avant le mets officiellement reconnu comme «produit du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France» depuis 2006.

Une quinzaine de journalistes de tous horizons sont partis à la découverte de la filière foie gras, comme ici dans l’atelier de transformation de Labeyrie à Saint-Geours-de-Maremne.
© Le Sillon.info - C. Agusti

Les 17 et 18 septembre, une trentaine d’exploitations productrices de foie gras ouvriront leurs portes au grand public dans le cadre des Journées du Patrimoine. Pour s’assurer que l’opération soit largement relayée et rencontre le succès escompté, une visite de presse a été organisée en ce début de semaine dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

Ce 7 et 8 septembre, une quinzaine de journalistes d’horizons divers (presse économique, spécialisée, généraliste, agence de presse…) ont ainsi visité des exploitations en circuit court et circuit long, ainsi que des ateliers de transformation. «L’objectif est de présenter aux médias toutes les composantes de la filière, en toute transparence, indique Marie Laborde, ingénieure au Cifog. Nous espérons ainsi qu’ils incitent leur audience à participer à nos journées portes ouvertes».

La filière veut y croire

Plus que jamais, la profession a, en effet, besoin du soutien des consommateurs. Déjà fragilisée par les crises des années précédentes, elle a été particulièrement impactée par le dernier épisode d’influenza aviaire. Car après le Sud-Ouest touché dès l’automne 2021, le virus s’est propagé fin février 2022, pour la première fois, aux Pays de la Loire. Or cette zone est stratégique pour la filière, puisqu’elle concentre 100% de la génétique mondiale et plus de 70% du potentiel français de reproduction pour le canard mulard.

Avec près de 90% des reproducteurs décimés, ce capital mettra de longs mois avant de se reconstituer. Faute de canetons en nombre suffisant, les professionnels ne s’attendent pas à un retour à la normale avant le second semestre 2023.

Rendez-vous avec les consommateurs

Cette année, la production de foie gras sera en recul. La filière table sur une baisse de 30 à 35% par rapport à 2021, et même de 43% par rapport à la dernière année de référence de 2020. S’ajoute à cela une augmentation sans précédent des coûts de production. Sur le premier semestre 2022, ce coût pour un canard à foie gras a augmenté de 28,2% par rapport au premier semestre 2020.

Pour les fêtes de fin d’année, le foie gras coûtera donc plus cher. Mais Jacques Trottier, président du groupe Labeyrie Fine Foods, se dit optimiste. «Bien sûr, nous traversons une crise majeure dont les impacts sont colossaux, admet-il. Mais mon optimisme repose sur le fait qu’à chaque fois que la filière a réussi à se remettre à produire, le consommateur a toujours accueilli nos produits avec enthousiasme et a été au rendez-vous».

L’opération séduction des 17 et 18 septembre a donc deux objectifs. Rassurer le grand public sur la disponibilité du produit que les Français classent à 79% comme le numéro 1 des incontournables des fêtes de fin d’année. Mais aussi expliquer pourquoi ce mets d’exception sera plus cher qu’à l’accoutumée.

Cécile Agusti

Portes ouvertes les 17 et 18 septembre

Après deux années de crise sanitaire et de violents épisodes d’influenza aviaire qui ont durement touché les élevages, la filière française du foie gras se mobilise à l’occasion des Journées du Patrimoine le 17 et 18 septembre prochain. Lors de ces portes ouvertes, les professionnels proposeront aux visiteurs de découvrir leur exploitation et leur métier autour d’animations, de visites guidées et de dégustations.
Dans les Landes : GAEC Seris à Toulouzette, EARL Monplaisir à Maurrin, La Maison Lafitte foie gras à Montaut, la ferme Lafenêtre à Doazit.
Dans les Pyrénées-Atlantiques : GAEC Setou à Arroses, EARL Civit Domaine Pédelaborde à Poey-d’Oloron, SCEA du Tilh à Artigueloutan, SCEA Lassegnore à Auga.
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