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Intermarché accusé de pratiques abusives

Le groupement de distributeurs Intermarché a confirmé le 27 avril dernier faire l’objet de poursuites de la part de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes(DGCCRF), concernant des pressions que le groupement est accusé d’avoir exercé sur ses fournisseurs.

file-Les assignations adressées par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes au groupe Intermarché illustrent les pressions qu’exerce la grande distribution sur ses fournisseurs.
Les assignations adressées par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes au groupe Intermarché illustrent les pressions qu’exerce la grande distribution sur ses fournisseurs.

L’enseigne a reçu deux assignations de la part de Bercy pour avoir exigé en 2014 des garanties de marges de la part des industriels de l’agroalimentaire. Selon Le Figaro, qui a révélé l’information, la centrale d’achat d’Intermarché «aurait […] demandé par écrit une garantie de marge équivalent à 3,5% du chiffre d’affaires réalisé avec chaque industriel. Cette clause illégale offrait l’assurance pour Intermarché d’engranger le même niveau de bénéfice, et ce même s’il lui fallait baisser ses prix pour riposter à l’offensive tarifaire de Leclerc, Carrefour, Auchan et Géant».

Dans la seconde assignation, la répression des fraudes reproche aux acheteurs d’Intermarché d’avoir exigé de ses fournisseurs «des baisses de tarifs sans leur offrir les contreparties nécessaires (engagements sur les volumes achetés, opérations promotionnelles…) ou encore inscrit dans les contrats des clauses illicites (reprise des invendus, déductions d’office, pénalités de retard…)».

Guerre des prix

À la suite des assignations envoyées par la DGCCRF, l’industrie agroalimentaire a émis une vigoureuse protestation contre le comportement de la grande distribution. Dans une tribune collective, une trentaine d’organisations représentatives des métiers de l’agroalimentaire — dont l’Association nationale de l’industrie alimentaire, les coopératives et l’industrie laitière — considère que la guerre des prix à laquelle se livre la grande distribution et la concentration des centrales d’achat met l’industrie agroalimentaire en danger.

«Dans les entreprises que nous dirigeons, ce sont les budgets de recherche et de développement qui s’amenuisent, des innovations qui se font plus rares, des investissements qui se réduisent, des engagements sociaux et environnementaux plus difficiles à financer» estiment les industriels. «C’est notre capacité d’exporter qui est freinée», ajoutent-ils en mettant l’accent sur les dramatiques incidences de la guerre des prix.

Levée de boucliers de l’agroalimentaire

«Au bout du compte, lorsque ce n’est pas l’emploi d’aujourd’hui qui est directement menacé, ce sont les emplois de demain qui ne verront pas le jour. Des emplois en moins, c’est du pouvoir d’achat en moins. Voilà le vrai visage de la guerre des prix», déplorent les signataires de la tribune qui dénoncent le double langage des grandes surfaces qui «se sont toujours vantées de défendre le pouvoir d’achat des consommateurs».

Et les industriels d’implorer les pouvoirs publics dont l’écoute ne s’est pas encore suffisamment traduite par des actes. «Les pouvoirs publics nous ont beaucoup écoutés. Nous leur demandons de passer d’urgence à l’action. Nous leur demandons de faire appliquer strictement la loi, de sanctionner les abus de manière dissuasive, de renforcer l’arsenal législatif afin de mieux prendre en compte l’évolution du contexte commercial. Après les paroles, place aux actes».
En espérant que la grande distribution finira par travailler sur de nouvelles bases pour garantir à chacun dans la filière, du producteur au consommateur en passant par l’industriel et le consommateur, «un juste prix».

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