Interdiction du Mon810 : le Gouvernement persiste et signe
Les agriculteurs ne pourront pas semer le mais génétiquement modifié Mon 810 de Monsanto, cette année. Comme le gouvernement l'avait déjà annoncé, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire a pris un arrêté visant à interdire temporairement la culture du mais Mon 810. Il a été publié au Journal officiel du 18 mars. Cette décision a suscité une levée de boucliers chez des associations professionnelles des biotechnologies, des semences et des grandes cultures.
Daniel Peyraube: «Une décision purement idéologique» Producteur de mais et administrateur à l'AGPM, Daniel Peyraube ne décolère pas face à la décision du ministère de l'agriculture d'interdire temporairement la culture Mon 810. «La décision est purement idéologique et n'a rien de fondé, tempête-t-il. Les éléments apportés par le Gouvernement ne sont pas nouveaux sur le plan scientifique». L'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et l'AESA (Autorité européenne de sécurité des aliments) ont démontré l'absence de danger de ce mais. «La preuve est que Bruxelles ne voit pas d'urgence sur ce dossier».
L'agriculteur landais est persuadé que cet arrêté ne tient pas et qu'il sera rapidement contré, mais en attendant, il empêchera les semis de Mon 810 cette année. «C'est là l'objectif du Gouvernement». Cette décision ne sera pas sans conséquence: dans les zones connaissant de fortes attaques de sésamie et de pyrale, «on devra continuer à faire jusqu'à deux traitements par an». Traitements dont le Mon 810 n'aurait pas besoin, assurant une plante saine. «Pour l'environnement, mieux vaut le Mon 810 qu'un insecticide! On nous demande de réduire les produits phytopharmaceutiques et quand on veut le faire, on nous en empêche!»
Daniel Peyraube regrette par ailleurs que la recherche sur les variétés OGM quitte la France, car les scientifiques sont dans l'impossibilité de mettre en place des essais pleins champ. «La recherche va se faire dans d'autres pays, aux États-Unis notamment, où les contraintes climatiques ne sont pas les mêmes. Le comportement du mais y est différent. Nous n'aurons donc plus de recherche sur des plantes adaptées à notre région. On condamne par là même notre avenir de producteur de mais, avec une limitation du progrès génétique». D. M.