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Flànerie gourmande dans les rues de Florence

De Toscane, on connaît le Chianti, ce vin vendu en fiasques de paille tressée pour protéger son transport, également distribué en bouteilles de verre classiques. Or il existe des centaines d'autres curiosités gastronomiques locales, salées ou sucrées. Pour savourer la palette des nourritures de cette région, la meilleure formule est de visiter Florence.
Très actif, l'Office de tourisme publie un guide (en français) des 160 musées de la ville et de ses environs, ainsi qu'une abondante documentation sur les spécialités gourmandes et les lieux du vin. Mieux qu'un annuaire des cavistes et bars à  vins, ces itinéraires témoignent du lien fidèle entre l'agriculture et la « culture » aux sens artistique et architectural.
Un patrimoine agricole Un détail révélateur : les bàtisseurs d'autrefois possédaient de vastes domaines et des vignes. Ils vendaient leur vin à  travers une minuscule fenêtre de leur palais, où les clients glissaient leur pichet. Ces buchette del vino (littéralement, trou du vin) existent toujours au rez-de-chaussée de nombreuses grandes maisons et l'Office de tourisme les signale.
Aujourd'hui encore, l'Italie valorise son patrimoine agricole et gourmand avec autant d'enthousiasme que les tableaux et sculptures des musées. Dans la concurrence internationale, la culture italienne aide à  vendre ses nourritures, et réciproquement. Très répandue dans le monde, la cuisine italienne se révèle la meilleure alliée des agriculteurs car elle réclame des ingrédients d'origine.
De Toscane, les gourmets connaissent déjà  quelques appellations : les huiles d'olive DOP*, le fromage de brebis Pecorino toscano DOP, le jambon Prosciutto toscano DOP, le lard Lardo di Colonnata IGP. Les matières nobles sont évidemment les plus prisées, mais l'une des caractéristiques du savoir-faire italien est ce talent à  travailler les sous-produits, jusqu'à  leur donner valeur et reconnaissance.
Ainsi, les maîtres des palais se gardaient les jambons des porcs et laissaient le lard aux maçons ou sculpteurs de pierre. Ce lardo préparé avec des aromates, salé et affiné de 6 mois à  plusieurs années dans des coffres de marbre non réfrigérés est une spécialité savoureuse, désormais reconnue par une IGP.
Autre sous-produit devenu emblématique, la tripe de veau se cuisine à  la florentine (tripa alla fiorentina) avec légumes, parmesan, tomates, épices. Au marché San Lorenzo, haut-lieu des nourritures locales, de nombreux bouchers vendent ces abats d'une propreté immaculée. Dans l'enceinte du marché, la cantine Da Nerbone cuisine les plats typiques le midi, dont la ribollita et le risotto — les rizières du Pô ne sont pas si loin.
De même, le talent des artisans de Florence a su valoriser les peaux et les transformer en sacs, gants, ceintures, portefeuilles, bagages élégants Les premiers prix vendus dans les étalages autour du marché San Lorenzo sont souvent importés mais la maroquinerie haut de gamme se fabrique toujours en Italie.
Au retour d'un musée, les yeux ravis par les chefs d'oeuvres de l'art baroque ou de la Renaissance italienne, on apprécie un cappuccino (café au lait riche en mousse) accompagné de ces pàtisseries denses et douces nommées pan forte à  la cannelle, aux amandes, à  l'orange confite, au clou de girofle, aux nougats ou le pan pepato poivré. Voyager à  Florence est un plaisir des sens. Pierrick Bourgault * DOP : dénomination d'origine protégée, l'équivalent de nos AOC.
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