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Faut-il traiter les mammites subcliniques ?

Dans quelques cas, le traitement des mammites subcliniques est envisageable, mais il est préférable de soigner les vaches laitères au tarissement ou de les réformer.

file-Dans quelques cas, le traitement des mammites subcliniques est envisageable, mais il est préférable de soigner les animaux au tarissement ou de les réformer. © Réussir
Dans quelques cas, le traitement des mammites subcliniques est envisageable, mais il est préférable de soigner les animaux au tarissement ou de les réformer. © Réussir
Ainsi que nous l'avons rappelé dans nos deux précédentes éditions, une mammite est une réponse de la mamelle à  une agression, le plus fréquemment bactérienne. Après introduction et multiplication, les bactéries tentent de coloniser la citerne du quartier voire les tissus mammaires et provoquent une réaction de défense de l'organisme qui se manifeste par un afflux de globules blancs, ce qu'on appelle couramment « les cellules ».
L'inflammation et les bactéries, par une action directe (mort des cellules colonisées) ou indirecte (production de toxines) provoquent une destruction tissulaire plus ou moins importante, responsable de la forme clinique ou subclinique de la mammite.
La forme clinique se manifeste par une modification du lait, une inflammation de la mamelle (chaleur, rougeur, douleur) ou des signes généraux (fièvre, perte d'appétit, chute de production).
Infection latente de la mamelle
La forme subclinique correspond à  un état d'équilibre instable entre les bactéries et les cellules avec un passage possible vers une forme clinique ou plus rarement vers une guérison. Les bovins atteints de mammite subclinique présentent une infection latente de la mamelle et constituent un réservoir de bactéries, sources potentielles de nouvelles infections transmises pendant la traite.
On pourrait donc estimer raisonnable de traiter ces animaux afin de stériliser les quartiers malades. Cependant, les germes en cause ont souvent colonisé la mamelle en profondeur et les traitements antibiotiques en lactation pénètrent difficilement jusqu'à  eux. Le taux d'échec est donc très élevé et ces animaux seront préférentiellement soignés au tarissement ou réformés.
Pourtant, dans certains cas, le traitement peut être envisageable et économiquement intéressant. En cas de mammite clinique sur un quartier, le traitement sera réalisé sur l'ensemble des quartiers infectés.
Dans le cas de risque de dépassement de seuils de cellules dans le tank, un risque de déclassement de la production laitière (franchissement du seuil de 300.000 cellules/ml et perte de la prime d'excellence ou franchissement du seuil de suspension de collecte) peut justifier de traiter certains animaux.
Le nombre de quartiers infectés ne doit pas dépasser deux. Si l'on considère que la probabilité de stériliser un quartier est inférieure à  50 %, si trois quartiers sont infectés, la probabilité de stériliser l'animal est inférieure à  une sur huit.
Par conséquent, la première étape consiste à  tester les quatre quartiers des animaux candidats : CMT (Californian Mastitis Test ou test au teepol) ou mesure de la numération cellulaire de chaque quartier.
Les animaux ne doivent pas être en fin de lactation. Dans ce cas particulier, un traitement au tarissement sera beaucoup plus sûr. L'infection doit être la plus récente possible.
Sur le marché français, seule une spécialité intramammaire possède une AMM pour le traitement des mammites subcliniques.
Cependant, tout traitement antibiotique intramammaire appliqué de façon prolongée améliore de façon significative les probabilités de guérison. Il peut être renforcé par un traitement injectable.
Mais attention, cette utilisation ne permet plus de définir de temps d'attente dans le lait. Le traitement des mammites subcliniques doit donc faire l'objet d'une concertation étroite et rigoureuse avec le vétérinaire traitant.
Gilles de Cremoux,
FRGTV
Pour le groupe qualité du lait du Sud-Ouest
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