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Élections régionales : les candidats dévoilent leur projet

Le 28 mai dernier, la FNSEA et les JA de Nouvelle-Aquitaine ont organisé un débat sur le thème «Quel projet agricole régional pour la Nouvelle-Aquitaine ?» avec les têtes de listes aux élections régionales qui se tiendront les 20 et 27 juin prochains. Les candidats ont pu exposer leur vision pour l’agriculture régionale.

file-La FNSEA et les JA de Nouvelle-Aquitaine ont réuni six candidats aux prochaines élections régionales pour évoquer les enjeux agricoles de demain.
La FNSEA et les JA de Nouvelle-Aquitaine ont réuni six candidats aux prochaines élections régionales pour évoquer les enjeux agricoles de demain.

La région Nouvelle-Aquitaine est la première région agricole de France. À l’approche des élections régionales, dans un contexte marqué par la crise sanitaire et la réforme de la PAC, les enjeux sont nombreux et cruciaux. Lors du débat organisé par la FNSEA et Jeunes Agriculteurs Nouvelle-Aquitaine le 28 mai dernier, ils ont eu 4 minutes pour présenter leur projet pour l’agriculture régionale.

Nicolas Florian, représenté par Pascal Coste pour les Républicains, Alain Rousset pour le Parti socialiste, Edwige Diaz pour le Rassemblement national, Geneviève Darrieussecq pour La République en marche et le MoDEM, Thierry Nicolas, représenté par Félix Noblia pour Europe Écologie - les Verts, et Éddie Puyjalon pour le Mouvement pour la ruralité se sont ensuite exprimés sur huit thèmes retenus par les responsables syndicaux agricoles.

Pour une agriculture compétitive et durable, la profession agricole estime crucial de mettre en place une vraie politique de gestion des risques sanitaires, climatiques, etc. Selon vous quels outils faudrait-il développer ?

Geneviève Darrieussecq - La région doit protéger les exploitants et les revenus. Nous souhaitons que chacun puisse avoir accès à un accompagnement. Par rapport à l’eau, je souhaite un plan régional d’irrigation raisonnée. Sans ça, nous ne pourrons pas atteindre la souveraineté alimentaire. C’est un vrai enjeu qui dépasse l’agriculture.
Pascal Coste - Les réserves d’eau sont nécessaires car il faut produire pour nourrir une population croissante. Il est impératif de faire une étude d’hydrogéologie département par département pour savoir précisément ou l’on peut créer des bassines. Nous aiderons la création de syndicats mixtes de l’eau comme cela existe en Occitanie.
Felix Noblia - Face au dérèglement climatique il y a deux options : adapter les politiques agricoles où adapter les exploitations pour qu’elles puissent lutter contre. Il faut faire les deux. Les exploitations doivent avoir des sols plus performants. Le paiement de services écosystémiques permettra de ramener du revenu sur les exploitations.
Edwige Diaz - Il est nécessaire de simplifier les contrats d’assurance, baisser les franchises et les seuils de déclenchement. Il faut également simplifier les accès aux aides et la région peut investir dans la recherche-développement sur les méthodes d’irrigation ou la diversité des cultures. Sur la question du stockage du surplus d’eau, s’il bénéficie à tous et que l’irrigation est raisonnée, nous y sommes favorables.
Alain Rousset - La vraie question concernant la gestion des risques est : est-ce que l’on va imposer un système assurantiel et faut-il conditionner les aides à ça ? Il faut ouvrir une discussion avec les responsables professionnels sur la question.
Éddie Puyjalon - Le système d’assurance qui consiste à prendre en compte les 5 dernières années pour indemniser ne fonctionne plus car des accidents interviennent chaque année. Il y a urgence à trouver d’autres moyens. On pourrait imaginer un stockage financier non fiscalisé en banque par exemple.

Concernant l’investissement, comment entendez-vous soutenir la modernisation de l’agriculture, accompagner son évolution ?

Alain Rousset - La Nouvelle-Aquitaine a négocié avec la Banque européenne d’investissement, un fonds spécifique permettant des taux d’intérêt abaissés et garantissant les investissements. 56 M€ d’aide ont été attribués.
Geneviève Darrieussecq - Nous devons être proactifs en ce qui concerne l’investissement dans la recherche-développement et notamment dans la robotique. On doit structurer une filière robotique pour soutenir l’agriculture.
Pascal Coste - Nicolas Florian souhaite multiplier par deux les aides consacrées à l’agriculture au niveau régional. Il faut également les diversifier, les débureaucratiser, instaurer des taux qui évoluent, des fonds de garantie, des prêts d’honneur, des avances remboursables.
Edwige Diaz - Le budget régional attribué à l’agriculture même s’il a augmenté reste toujours trop insuffisant. Il faut également une priorité nationale dans l’accès aux aides.
Felix Noblia - La politique d’investissement doit découler du cadre des orientations politiques générales. Nous souhaitons développer l’agriculture biologique. Nous ne souhaitons pas financer des matériels mais du revenu pour les agriculteurs (ateliers de transformation, prestataires…), de la formation.

S’agissant des énergies renouvelables, faut-il soutenir leur développement ?

Éddie Puyjalon - L’agriculteur n’est pas un producteur d’énergie. Certaines énergies peuvent être couplées à la production agricole comme le photovoltaïque sur bâtiments où certains méthaniseurs et cultures intersaisons mais la priorité c’est de sécuriser les agriculteurs sur leur travail.
Pascal Coste - Nous avons besoin des énergies renouvelables mais on ne doit pas arriver à irriguer des cultures pour alimenter des méthaniseurs. Il faut être guidé par le bon sens avant tout.
Alain Rousset - Je crois à l’innovation en ce qui concerne ces énergies, la montée en productivité des cellules photovoltaïques, la mise en place de panneaux verticaux… actuellement l’agriculture représente 30% du budget innovation de la région (hors budget agricole).

Concernant la protection des plantes et des animaux, comment la Région compte-t-elle accompagner les agriculteurs vers des pratiques raisonnées et respectueuses ?

Felix Noblia - Pour élaborer notre politique agricole, nous avons consulté plus de 300 personnes. La santé des plantes c’est avant tout la santé des sols et pour cela nous souhaitons diffuser les pratiques agroécologiques. Nous souhaitons qu’il y ait une obligation de résultat et non de moyens pour arrêter d’infantiliser les agriculteurs.
Éddie Puyjalon - En 50 ans, le monde agricole a fait des progrès considérables notamment dans l’utilisation des phytosanitaires. On montre du doigt les agriculteurs mais nos responsables ont une grande responsabilité. Beaucoup d’innovations ont été faites et la Région continuera en ce sens.
Geneviève Darrieussecq - Nous avons le devoir d’investir dans la recherche-développement sur les sciences du vivant que ce soit dans la santé animale, végétale et humaine. Il nous faut construire avec la profession et aussi redonner une image positive de l’agriculture. On ne peut demander aux agriculteurs d’évoluer plus vite que cela n’est possible.
Edwige Diaz - Les agriculteurs sont les premiers écologistes. Ils sont au contact de la nature et font le nécessaire pour faire le travail. Il faut garder du bon sens. Le localisme doit être une priorité. Je ne veux pas conditionner les aides à une pratique pour ne pas complexifier les choses.
Alain Rousset - Révolté par le fait que, dans la transition agroécologique, c’est que dans nos laboratoires et nos start-up des solutions technologiques existent. Il ne faut pas saupoudrer mais avoir une politique structurelle.

La prédation est un sujet sensible. Les populations doivent-elles être encadrées, localisées dans certaines zones ?

Éddie Puyjalon - Le réensauvagement de la nature c’est la mort de l’agriculture. La situation de nos territoires face au loup est très préoccupante. Il y a des loups partout et les éleveurs ne sont pas indemnisés.
Edwige Diaz - Il faut préserver les équilibres. La pression de l’un ne doit pas peser sur l’autre. Je suis très attachée au pastoralisme et ne veux pas pousser à la réintroduction de l’ours ou du loup. Il faut élargir la liste des nuisibles.
Geneviève Darrieussecq - La régulation du loup est nécessaire mais aussi celle du sanglier qui cause des dégâts énormes. Il faut soutenir les agriculteurs qui ont été touchés et donner des perspectives aux chasseurs.
Pascal Coste - Une politique de régulation est nécessaire.
Felix Noblia - Il faut une politique de régulation bien sûr, à construire avec la profession agricole. S’agissant du loup, nous souhaitons agrandir de 6.000 ha le conservatoire des espaces naturels. Il faut trouver des solutions pour cohabiter.
Alain Rousset - Les réglementations de réintroduction, de préservation, qui s’appliquent sont européennes. Il faut «tenir» les loups.

Produits locaux, alimentation de qualité… La recherche d’authenticité a progressé ces derniers mois, comment la région va-t-elle soutenir la consommation locale ? Est-ce nécessaire ?

Geneviève Darrieussecq - Les consommateurs veulent du local, les agriculteurs s’organisent en circuits courts. Il faut aider leur structuration et il faut continuer à s’engager dans la RHD qui nécessite des volumes, des conditionnements, parfois irréguliers. La région doit aider à mettre en place des conditions favorables.
Edwige Diaz - Oui à une consommation la plus locale possible mais il est évident que l’on ne peut trouver tout localement. On peut envisager une détaxation pour encourager les circuits courts En revanche, nous nous opposons aux traités de libre-échange.
Pascal Coste - Nicolas Florian souhaite mettre en place une grande étude au niveau des lycées et de la restauration collective pour connaître les besoins exacts. Les outils devront être ensuite harmonisés. Nous réunirons l’ensemble des acteurs pour voir comment favoriser les filières locales.
Éddie Puyjalon - Il faut former les acheteurs de la restauration collective. Il faut également mettre à l’honneur les produits régionaux et arrêter de dénigrer les produits carnés.
Alain Rousset - Il y a 4 ans nous avons créé une association qui regroupe les chefs de cuisine et les gestionnaires des lycées. Elle adresse aujourd’hui 57 millions de repas. Ce qui m’inquiète aussi c’est la souveraineté alimentaire de nos animaux en raison de l’explosion du prix des matières premières.

L’aide à l’installation, la formation, l’emploi, est-ce prioritaire ? Quel accompagnement au niveau régional ?

Geneviève Darrieussecq - Il est essentiel tout d’abord de faire connaître les métiers dès le primaire et mettre en place des financements spécifiques pour ça. Il faut également soutenir la formation tout au long de la vie et les reconversions professionnelles.
Felix Noblia - Les générations futures s’installeront s’ils voient des exploitations économiquement performantes. Nous souhaitons accompagner les personnes qui souhaitent s’installer en agroécologie sur des projets rentables, aider les circuits courts et les cédants pour découpler l’exploitation à céder de leur lieu de résidence.
Éddie Puyjalon - Nous devons donner envie aux jeunes. Aujourd’hui, sans revenu, c’est difficile. Aussi, nous souhaitons déclarer l’agriculture grande cause régionale. Il faut un meilleur accompagnement à la création des exploitations.
Pascal Coste - Nous devons installer des gens avec des projets viables, vivables et transmissibles. Nous souhaitons mettre en place un prêt à taux 0 pour les moins de 40 ans pour des financements jusqu’à 50.000 € et une aide spécifique aux cédants pour découpler le siège de l’exploitation. 95% des jeunes qui s’installent avec la DJA sont toujours là 5 ans après c’est une vraie garantie. Il faut aussi arrêter l’omerta sur les filières agricoles dans l’orientation.
Edwige Diaz - Il y a un vrai déficit d’attractivité dans l’agriculture. Il est difficile de convaincre mais il n’y a pas de fatalité. Il faut réinstaurer la confiance entre institutions et agriculture. Nous proposons un dispositif de prêt à taux 0 et que la Région se porte garante et fasse la promotion des métiers.

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