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Pastoralisme
Écobuage : profession et élus jouent la carte de la pédagogie

Alors que la saison bat son plein, l’ADEM et la chambre d’agriculture ont mené une opération de communication dans le but d’informer le grand public.

Sur les pentes du secteur Saint-Grégoire à Ordiarp, une dizaine d’agriculteurs conduit un chantier d’écobuage. Une pratique essentielle pour maintenir les milieux ouverts.
© Y. A. Le Sillon

Depuis début février, les écobuages se succèdent dans les montagnes basques et béarnaises. Avec, leur flot de critiques et de remontrances dès qu’un panache de fumée barde le ciel… Pour répondre aux ignorants, aux dubitatifs ou aux détracteurs, les élus des communes de montagnes et de la chambre d’agriculture ont décidé d’organiser une conférence de presse pédagogique ce mardi 21 février à Ordiarp. Pour encore, et encore, expliquer et tenter de convaincre.

«Nous vous avons invité, vous la presse, sur le terrain pour vous expliquer cette pratique, lance Sébastien Uthurriague, vice-président de la chambre d’agriculture en charge de la montagne. On a besoin de vous pour véhiculer les bons messages». Donc place aux explications.

Les feux pastoraux dans les Pyrénées sont un acte ancestral. C’est un fait incontestable. Et ils sont allumés dans des zones non-mécanisables. «L’écobuage permet aux éleveurs de maintenir les milieux ouverts pour mettre leurs bêtes, rappelle Jacques Marquèze, maire d’Urdos et président la commission écobuage de l’Association départementale des élus de la montagne (ADEM). Il permet aussi d’éviter l’ensauvagement de nos territoires». Et donc de maintenir une activité touristique dynamique en zone de montagne.

Sébastien Uthurriague va plus loin. «Les écobuages permettent de protéger les personnes et les biens contre les risques incendies. Dans certains territoires, cette pratique a été oubliée ou interdite. Je prends l’exemple du Portugal, de l’Espagne, des États-Unis ou de l’Australie. On voit ce que cela donne, avec des méga-incendies, avec des milliers d’hectares brûlés. Ces pays reviennent sur ces pratiques d’écobuage car ils se sont rendu compte des enjeux.»

Des règles drastiques

Allumer un feu pastoral ne se fait pas n’importe quand et n’importe comment. Depuis 2021, un plan départemental d’écobuage fixe les règles du jeu, avec une convention tripartite signée entre l’État, l’ADEM (maître d’ouvrage) et la chambre d’agriculture (maître d’œuvre). Et ces règles sont drastiques. «Cette pratique est très cadrée», confirme le vice-président de la chambre d’agriculture.

Dans le détail, les commissions locales (dans 107 communes) organisent les écobuages. Tous sont déclarés aux autorités. «Un écobuage non déclaré n’est pas un écobuage, lance Sébastien Uthurriague. Ce sont des feux sauvages ou des incendies volontaires. Il faut bien faire la différence ! Nous faisons tout pour lutter contre ces feux sauvages». Le jour J, si les conditions météorologiques sont bonnes, le responsable de l’écobuage contacte le SDIS, l’ONF, la mairie et la gendarmerie. Et c’est le maire qui décide en dernier ressort si le feu peut être activé ou non.

Reste le problème de la pollution atmosphérique. «On travaille sur ce phénomène de fumée et de pollution», assure Jacques Marquèze. Ainsi, en dehors des arrêtés préfectoraux qui interdisent les mises à feu, les communes et les agriculteurs s’organisent pour étaler les chantiers. En bonne intelligence. Et quand une pollution aux particules fines est annoncée, les gros chantiers sont repoussés.

Après la théorie, place à la pratique. Une petite dizaine d’agriculteurs de la commune investit les pentes du secteur Saint-Grégoire. Tous bénévoles. À l’entrée du secteur, de chaque côté, deux grands panneaux jaunes indiquent un écobuage en cour. Équipés de brûleurs, de pelles et de sac à dos remplis d’eau pour prévenir tout débordement, ils expliquent comment ils vont procéder. «Ce chantier est du pied par pied. Sur ce versant, on part d’en haut. Et sur cet autre, un groupe part d’en haut, et un autre d’en bas», explique Jean-Michel Arrayet, maire d’Ordiarp et agriculteur.

La technique est rodée, d’une efficacité redoutable. En moins de 15 minutes, l’opération est terminée. Les agriculteurs restent sur place pour contrôler le bon déroulement du chantier. Prêt à intervenir au moindre problème.

Y. A.

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