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Biogaz : un bilan en demi-teinte

L'Association des agriculteurs méthaniseurs de France n'est pas tendre s'agissant du développement de la méthanisation. Si c'était à  refaire, nombreux ne le referaient pas

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D'un côté, le gouvernement favorise, par des appels à  projet, les grandes installations de plus d'un mégawatt. En même temps, si on dépasse un seuil de puissance installée, on n'a plus droit à  la prime aux effluents», regrette Bertrand Guérin, administrateur de l'Association agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), le 12 décembre, en conférence de presse à  Paris. La prime aux effluents, créée en 2011, est «dégressive» quand la puissance installée augmente. Ce n'est qu'un exemple, mais la filière manque de «visibilité», selon l'AAMF. «Aujourd'hui, on ne peut pas dire aux agriculteurs qui souhaiteraient se lancer dans la méthanisation: “allez-y à  fond”», témoigne un adhérent de l'association. Un autre surenchérit: «si c'était à  refaire, je ne me relancerais pas dans l'aventure». Redonner de la visibilité L'ennui, c'est que la rentabilité est extrêmement limitée. «Ce n'est bon que pour certaines années, et à  certaines conditions», explique Philippe Collin, agriculteur méthaniseur de Haute-Marne. Souvent, l'investissement initial est pris en compte pour calculer la rentabilité de l'installation d'un méthaniseur dans une ferme. Par contre, le coût des réparations au bout de deux ou trois ans ne l'est que trop rarement. «Il faut toujours avoir en tête de réaliser des provisions pour des aléas qui surviendraient», soutient l'agriculteur. L'AAMF préconise de prévoir six semaines d'arrêt de production tous les trois ans. Alain Guillaume, président de l'AAMF, ajoute: «Les résultats économiques sont très variables. La rentabilité est difficile à  atteindre et dans certains cas, la situation est tendue, voire dégradée», se référant des 50 agriculteurs pionniers qui ont une installation en fonctionnement depuis plus de deux ans. Une des raisons reste que les coûts d'investissements sont très élevés. «C'est la conséquence d'une forte dépendance aux fournisseurs étrangers», soutient-il. L'association regroupe près de 75% des agriculteurs méthaniseurs de France, selon elle. La fiscalité crée aussi de l'agitation. L'exonération de la taxe sur le foncier bàti annoncée par Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, «reste au bon vouloir des collectivités locales», précise Bertrand Guérin. Et les discussions sont «toujours en cours». «On ne dit pas qu'on ne veut pas payer. Mais on veut un juste prix», rappelle l'AAMF. Pour une installation de 850kW, ces taxes représentent 450.000 euros sur 15 ans, prend pour exemple un agriculteur. «Si on payait 120.000 euros, ça serait déjà  pas mal. D'autant que cela crée un emploi et que l'on traite les déchets».
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