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Animaux en nombre et de qualité dans un contexte préoccupant à la JDE 64

Sous un soleil généreux, la Journée départementale de l’élevage et de l’innovation des Pyrénées-Atlantiques qui s’est déroulée le samedi 10 septembre à Morlaàs a donné lieu à une présentation des quatre races de chevaux de trait et deux races bovines locales, la Béarnaise et la Gasconne des Pyrénées. Quant à la race Blonde d’Aquitaine, qui fêtait son 60e anniversaire, elle représentait l’essentiel des animaux.

Le concours des Blondes d’Aquitaine des Pyrénées-Atlantiques a confirmé sa réputation, avec 140 bêtes d’une qualité remarquable. Répartis en 26 sections (mâles et femelles, en fonction des âges), les animaux ont défilé sur l’espace habituellement réservé aux vaches laitières, celles-ci étant absentes en raison du concours régional programmé une semaine plus tard à Pau. Deux binômes de juges officiaient : Cédric Ceron de Plagnole (31) avec Christophe Fontes de Montpinier (81) et Gérard Barbier avec Boris Mezange, tous deux originaires de la Mayenne.

Des traditions à perpétuer

Aux côtés des concessionnaires de matériel agricole, les stands d’organisations agricoles ont connu une belle affluence et les échanges allaient bon train autour d’un verre de bienvenue, notamment au stand des JA. Tout heureux de voir ces belles bêtes mais aussi de jeunes éleveurs, le public a pu retrouver l’ambiance de cette place forte de l’élevage que représente le site de la Hourquie. «Des souvenirs d’enfance sur cette place où je venais avec son père vendre des veaux et qui nous ont permis de nous construire», comme l’a indiqué Thierry Carrère, conseiller départemental et président de la communauté de communes du Nord Est Béarn.

Si la journée à Morlaàs représente toujours une superbe vitrine de l’élevage départemental, la réalité du terrain n’en est pas moins préoccupante comme le montre la diminution constante du nombre d’éleveurs, notamment bovins. «Quand je vois les difficultés qu’ont les éleveurs, avec le contexte d’inflation des prix et de la sécheresse, mais aussi le modèle économique qui n’est pas à la bonne hauteur en termes de rémunération, permettez-moi d’exprimer certaines inquiétudes quant au devenir de nos territoires ; car l’agriculture contribue à nous nourrir chaque jour : nous avons la chance d’avoir en France et localement, une des agricultures les plus sécures d’Europe voire mondiale avec des produits de qualité et tracés», témoigne Thierry Carrère.

Constats partagés

Le conseiller départemental reste persuadé que s’il y a un domaine d’activité économique qui s’est remis en cause depuis des décennies, c’est bien l’agriculture. Et de s’interroger : «On demande à l’agriculteur d’anticiper les mutations (changements climatiques…) mais la question que je me pose et c’est là qu’on devra travailler ensemble : comment accompagner cette profession à ces changements qui vont s’imposer à elle alors que le modèle économique n’y est pas ? Quand on voit la rémunération des agriculteurs, le compte n’y est pas ! Alors, comment demander à des hommes et des femmes qui travaillent tous les jours qui n’ont pas des revenus dignes de leur travail, de pouvoir encore se requestionner et investir et s’engager ? Il y a vraiment une action collective à mener à tous les niveaux (État, Région, Département, chambres consulaires…).»

Et Bernard Layre, le président de la chambre d’agriculture d’insister : «On partage les mêmes constats : s’il y a des hommes et des femmes aujourd’hui, avec des animaux d’une telle qualité, c’est parce qu’il y a de la passion mais aujourd’hui, avec un contexte d’explosion des charges, la passion ne suffit plus ; on a besoin d’une prise de conscience collective et ce type de manifestation nous aide à porter les messages.»

Les manifestations avec tous les acteurs économiques et les institutions se multiplient pour montrer qu’avec l’effet ciseau (entre les épisodes climatiques et l’inflation des charges sur les exploitations malgré des prix en augmentation), le compte n’y est pas. «Il faut permettre à nos agriculteurs de passer ce cap difficile, pour capitaliser sur l’avenir, garder espoir et surtout garder notre potentiel de production, alerte Bernard Layre. Si l’on n’accompagne pas nos agriculteurs cette fin d’année, on sait que notre potentiel de production est en danger et qu’on n’arrivera pas à répondre à l’objectif de souveraineté alimentaire que tout le monde prêche : c’est le message que l’on porte aujourd’hui !»

Le président de la chambre d’agriculture n’a pas manqué de remercier tous ceux qui continuent à animer les 30 comices que compte le département, les éleveurs en premier lieu, équins et bovins, avec cette année une véritable mise en valeur de la complémentarité de la Blonde d’Aquitaine avec les races Béarnaises et Gasconnes. «On a besoin d’être soutenus politiquement pour faire perdurer ces passions et ces traditions et surtout transmettre à nos enfants» a conclu Bernard Layre, tandis que Thierry Carrère a d’ores et déjà donné rendez-vous dans deux ans !

T. Ladevèze

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