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Les surfaces agricoles perdent du terrain

L'agriculture perd 86 000 hectares par an, au profit de l'urbanisation, de l'habitat et des infrastructures. Et le phénomène a eu tendance à  s'accélérer au cours des années récentes.

L'artificialisation des sols se poursuit et même s'accélère selon le service de la statistique et de la prospective du ministère de l'agriculture qui vient de publier une étude sur l'utilisation du territoire entre 2006 et 2009. Sur trois ans, les sols agricoles (terres cultivées et toujours en herbe) ont perdu 279 000 hectares, ce qui correspond à  une baisse annuelle de 93 000 hectares. Une petite partie de ces terres 20 000 hectares, a été rendu à  la nature pour devenir des espaces boisés, landes, friches, maquis, garrigues, zones humides... 
La plus grosse partie, 259 000 ha, ce qui correspond à  une perte de 86 000 ha par an, a été grignotée par l'urbanisation Il s'agit de terres qui ont été affectées à  la construction qu'il s'agisse d'immeubles de bureaux ou d'habitation, de maisons individuelles, d'usines, de locaux commerciaux de sols dédiés aux infrastructures : création de routes, d'autoroutes, de voies de chemins de fer, de squares, de ronds points et autres parcs de stationnement, ou de surfaces consacrées à  la création d'espaces verts urbains et des équipements sportifs et de loisirs.
236 ha par jourAu final, Agreste Primeur estime que les espaces agricoles perdent 236 hectares par jour, ce qui correspond à  la superficie d'un département moyen (610 000 hectares) tous les sept ans. L'avancée des sols artificialisés s'est accélérée au cours des dernières années : elle était de 61 000 hectares par an au cours de la période 1992-2003, soit un département tous les dix ans. Entre 2006 et 2009, le taux d'artificialisation du territoire est passé de 8,4 % à  8,8 %, mais la progression est inégale selon les départements. Si par exemple Paris et la petite couronne ne s'artificialisent pratiquement plus, l'Alsace à  l'est (le Bas-Rhin notamment), la façade maritime à  l'ouest (Vendée, Côtes-d'Armor, Manche surtout) enregistrent une forte artificialisation des sols. Comme d'ailleurs les départements moyennement urbanisés ou très agricoles.
Un autre enseignement de cette étude concerne les forêts. Alors que les surfaces forestières avaient tendance à  croître, de 14,2 millions d'hectares en 1992, elles plafonnent désormais depuis 2006 à  15,1 millions d'hectares. Ce que l'on appelle la France « chauve » étant localisé essentiellement dans le Nord et l'Ouest avec un taux de boisement inférieur à  20 %, et même 10 % dans le Pas de Calais. Alors qu'il est beaucoup plus élevé dans le Sud Ouest et dans les massifs montagneux, dépassant même 50 % dans sept départements (Landes, Vosges, Jura, Var, Alpes Maritimes, Drôme et Ardèche).
La moitié de la France dédiée à  l'agricultureEn 2009, les sols cultivés et toujours en herbe dédiés à  l'agriculture et l'élevage occupaient 28 293 000 hectares, soit 51,5 % de la superficie totale du territoire estimée à  54 919 000 hectares.  
Ce qu'on appelle les sols naturels couvraient 21 780 000 hectares (39,5% du territoire). Il s'agit non seulement sols boisés (forêts, peupleraies, bosquets, haies) qui occupaient 31 % du territoire, mais aussi des landes, des friches, des garrigues, des sols nus et des zones humides (8,5 %) qui peuvent être aussi voués à  l'élevage. Le solde étant réservé aux espaces artificialisés, qui mobilisaient 4 846 000 hectares, soit 9 % de notre pays.
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