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Les protéagineux au banc d'essai

La recherche d'autonomie protéique en productions animales et les aides couplées mises en oeuvre à  partir de cette campagne relancent l'intérêt pour les lupins, les pois et les féveroles.

Les groupes d'études et de développement agricole d'Hagetmau, de Saint-Sever, des Luys et de Mugron (40) ont organisé, le mercredi 12 mai, deux visites de parcelles de protéagineux à  Fargues et Maylis. La recherche d'autonomie protéique en productions animales relance en effet l'intérêt pour les lupins, les pois et les féveroles. « L'an dernier, 70 hectares de protéagineux ont été cultivés dans le département, indique Cécile Dayot, conseillère de la chambre d'agriculture. Les surfaces ont été divisées par deux entre 2008 et 2009. C'est étonnant et va complètement à  l'encontre des tendances constatées au niveau national, car de nouvelles aides incitent les producteurs à  implanter ces cultures. » Le plan de soutien aux protéagineux lancé cette campagne (environ 150 € d'aide par hectare, dégressif sur trois ans) renforce significativement leur compétitivité dans les assolements. « Les productions moyennes françaises s'établissent à  environ 50 quintaux par hectare pour les pois et les féveroles et à  25 quintaux pour les lupins. Quant au prix de vente, il faut compter de 30 à  50 euros de plus par tonne par rapport au blé. » L'intérêt de ces cultures n'est pas que financier. Outre un apport protéique à  moindre coût pour les élevages, elles offrent un reliquat azoté pour les cultures suivantes.Pas d'excès d'eau Selon, Jean-Luc Verdier, spécialiste régional des protéagineux chez Arvalis, leur implantation est tout à  fait possible dans le département. « Le pois est le plus adapté au climat du sud. Viennent ensuite la féverole, puis le lupin en troisième position », précise-t-il. Et s'il ne devait donner qu'un seul conseil aux agriculteurs qui voudraient se lancer dans ces cultures, ce serait d'éviter les excès d'eau. « Les protéagineux les détestent. Quelques jours les pieds dans l'eau et les plantes dépérissent. » L'implantation des protéagineux doit donc se faire dans « un sol bien structuré qui a bénéficié d'un travail profond pour assurer un bon enracinement ».Le pois s'adapte à  tous les sols, sauf ceux qui sont trop caillouteux. La féverole préfère les sols argilo-calcaires ou argilo-limoneux, quant au lupin, il ne faut l'implanter que dans des sols acides avec un pH inférieur à  7 et une absence de calcaire actif. Autre précision du spécialiste : « la fréquence de retour des protéagineux sur une même parcelle ne doit pas dépasser une année sur quatre, voire une année sur cinq ». Le choix des variétés à  implanter est fonction de la valorisation souhaitée (autoconsommation ou commercialisation) et du type d'animal à  nourrir. Pour le pois, on privilégiera le rendement et la tenue de tige, qui facilitera la récolte. Concernant les féveroles utilisées en élevage monogastrique, on préférera des féveroles de printemps à  fleur blanche (sans tanin) et à  faible teneur en vicine et convicine, pour une meilleure digestibilité des protéines. Pour le lupin, Jean-Luc Verdier préconise d'utiliser des « semences certifiées qualité sanitaire, qualité du traitement de la semence et contrôle de l'amertume des grains ». À noter enfin que les protéagineux peuvent être la proie de ravageurs et de maladies. « Une attaque de pucerons peut entraîner des pertes de 5 à  20 quintaux par hectare ». Le lupin, pour sa part, est sensible aux limaces, mais son ravageur le plus nuisible est la mouche du semis. En terme de maladies, l'anthracnose, l'oidium et la rouille sont les plus fréquentes. Mais il existe des traitements bien adaptés contre tous ces maux. Cécile Agusti Valorisation animale
Pour les bovins, avec certains types de fourrages, le pois, la féverole et le lupin peuvent constituer des sources azotées alternatives en remplacement du tourteau de soja ou d'aliments composés du commerce. Leur valeur énergétique est proche des céréales avec une teneur en amidon élevée pour le pois et la féverole et une teneur en matières grasses non négligeable pour le lupin. Ils apportent une valeur azotée intermédiaire entre céréales et tourteau de soja, avec un avantage pour le lupin. La paille de pois constitue un bon fourrage pour les animaux d'élevage. Pour les pondeuses ou poulets de chair à  croissance lente, les protéagineux peuvent se substituer partiellement ou totalement au tourteau de soja.
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