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Le vote «scandaleux» de l’accord UE/Canada

Les députés ont voté, à une courte majorité, en faveur d’une ratification du CETA. «Ce sont les standards sanitaires, environnementaux et de qualité française et européenne, demandés chaque jour à nos agriculteurs, notamment suite aux EGA, qui sont désavoués par ce vote !», se sont immédiatement insurgés FNSEA et JA, dans un communiqué de presse qui dénoncent une trahison à l’égard du monde agricole.

file-Les débats autour de la ratification de l’accord UE/Canada ont été tendus à l’Assemblée nationale. Le vote a été serré : 266 voix pour, 213 contres, et 74 abstentions (dont 52 députés de la république en marche).
Les débats autour de la ratification de l’accord UE/Canada ont été tendus à l’Assemblée nationale. Le vote a été serré : 266 voix pour, 213 contres, et 74 abstentions (dont 52 députés de la république en marche).

L’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne a été ratifié par l’Assemblée nationale ce mardi 23 juillet. 266 voix pour, 213 contres, et 74 abstentions. Il aura fallu seulement quelques minutes pour qu’une courte majorité de députés vote cette ratification du CETA. Un vote qui aura largement occupé l’espace médiatique et politique : mobilisation des syndicats agricoles (FNSEA et Jeunes Agriculteurs en tête), tribune de Nicolas Hulot, prise de positions marquées des membres du gouvernement, le matin même un article du journal Le Monde, largement relayé, mettait en lumière une «faille» permettant aux Canadiens de nourrir leurs animaux avec des farines animales.

Des distorsions «insoutenables»

Négocié depuis des années et déjà partiellement appliqué depuis 2017, cet accord a fait l’objet de plusieurs heures de débats tendus à l’Assemblée nationale. En amont du vote, lors des questions au gouvernement, des députés, opposés à cette ratification, ont largement exprimé leur désaccord dénonçant un accord dangereux pour l’agriculture et les consommateurs. Même au sein de la majorité présidentielle (LREM), plusieurs députés ont émis des réticences : ainsi, 52 marcheurs se sont abstenus et 9 ont voté contre le texte.

Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA, se sent «trahi» par ce vote qui met à jour un double discours insupportable pour les agriculteurs. «266 députés qui acceptent de faire entrer en France des produits cultivés avec 46 pesticides interdits en Europe, ou encore des animaux nourris à base de farine animale, avec des activateurs de croissance, dans des conditions de bien-être animal à des années-lumière de ce que l’on connaît en France. 266 parlementaires qui mentent aux Français, c’est scandaleux !», se désole le secrétaire général adjoint. «Ce qui est en train de se passer est révoltant pour l’agriculture française, et je ne parle même pas des conséquences économiques qui sont considérables !», ajoute, agacé, Patrick Bénézit.

Des menaces pour la filière bovine

«Si l’on veut faire un bilan “prévisionnel” du CETA, on peut observer le bilan d’un autre accord, celui avec l’Océanie, signé il y a 30 ans. Il a été fatal pour la production ovine et avec le CETA, le même scénario pourrait se reproduire pour la production bovine», explique Arnold Puech D’Alissac, membre du bureau de la FNSEA. L’importation de 65.000 tonnes de viande bovine en provenance du Canada pourrait ainsi mettre à mal les éleveurs français, et européens. «C’est révoltant de laisser entrer ces produits et d’imposer des normes de plus en plus draconiennes aux agriculteurs, renchérit Patrick Bénézit. Nous en avons ras le bol des distorsions et nous allons rester mobilisés pour les dénoncer. Nous nous battrons jusqu’au bout pour empêcher cet accord, notamment lors du vote au Sénat en septembre prochain !».

 

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