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Le tabac à  la recherche d'une nouvelle rentabilité

Après avoir connu des années fastes, la production de tabac, victime de la lutte contre le tabagisme, cherche à  rebondir économiquement.

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Depuis trois décennies, la production de tabac française est passée par tous les états. Structurée autour de la régie d'Etat, la Seita, depuis 1901, la filière a fait l'objet d'une libéralisation en 1982, date de création de la coopérative tabacole. Les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix ont été marquées par une rentabilité en berne, avant une période plus favorable au début des années 2000. En 2010, la suppression des aides aux producteurs a totalement remis en question cette production. Ne dépendant plus que du marché, la compétitivité de ses derniers est partie complètement en fumée. En 2006, le chiffre d'affaires des producteurs était composé à  80% par des primes et à  20% par le prix du produit. Ce rapport a été inversé. «Nous devons redéfinir en profondeur notre politique de production et de prix», commente le Béarnais Christophe Congues, vice-président de France Tabac. En attendant la nouvelle PAC Dernièrement, la filière a obtenu l'application de l'article 68 qui permet l'octroi d'aides directes issues du second pilier de la PAC. Ce dispositif assure aux producteurs un complément de revenu indispensable. Il est actif jusqu'à  la prochaine réforme de la politique agricole européenne. «L'objectif de Bruno Lemaire, alors ministre de l'agriculture, était de mettre un pied à  l'étrier à  la filière en vue de la mise en place d'un nouveau mode de soutien à  l'occasion de la future PAC (article40)», indique le vice-président. Dans un contexte de marché mondialisé, tenu par quatre multinationales, plusieurs voies s'offrent à  la filière française sur le plan commercial. L'avenir passe par un positionnement sur des produits à  haute valeur ajoutée, à  l'image des cigares béarnais produits dans les Pyrénées-Atlantiques (lire par ailleurs), ou encore de la filiale de la coopérative Tabac Adour Garonne, baptisée Traditab, qui valorise du tabac à  rouler. «Nous ne devons rien làcher sur la qualité et valoriser notre réglementation phytosanitaire qui est la plus draconienne au monde», confirme Christophe Congues. L'autre alternative concerne l'optimisation des coûts de revient. Au niveau de la production, cela passe par le recours à  des techniques plus compétitives. À ce titre, la mécanisation de la récolte constitue un premier axe de développement. Fabien Brèthes 1637, le tabac du Sud-OuestEn 2008, les petits producteurs du Sud-Ouest ont créé la société Traditab, pour fabriquer et commercialiser leur propre produit fini. Au nom de Traditab est associée la marque 1637, dont la gamme s'est rapidement élargie. Cinq références de tabac à  rouler sont désormais proposées. Avec près de 7000 bureaux référencés et environ 1% de la production nationale de part de marché de tabac à  rouler en France, la marge de progression est encore grande. Mais le pari des producteurs semble accessible.
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