Le Contôle laitier sur la voie du redressement
Le conseil d'administration présidé par Pierre Bergeret s'est donné trois ans pour remettre à l'équilibre cet organisme technique confronté à un important déficit.
Les principaux postes de réduction des dépenses concernent le transfert de charges entre le Contrôle laitier et Bovins croissance, la réduction du personnel (dont le directeur). Autre poste en diminution, les frais de déplacement liée à la baisse de l'activité. Le « seul poste en augmentation, faisait remarquer la comptable Isabelle Lasmène, concerne les impôts et taxes du fait d'un changement de réglementation pour l'emploi de travailleurs handicapés » Les fonds propres ont été réduits mais ils restent positifs.Des discussions ont de plus été engagées pour développer des partenariats avec les autres instances professionnelles : à commencer par la chambre d'agriculture mais aussi d'autres acteurs de la filière. « Nous sommes demandeurs de services, sans toutefois être favorables à une absorption totale », précisait M. Bergeret. « Travailler en communauté tout en gardant chacun sa place », tel est donc le souhait du conseil d'administration. Travailler ensemble certes mais plusieurs intervenants, dont Jean-Louis Loustau président du groupe 3A, et Jean-Louis Lafitau président de la commission lait de la chambre d'agriculture, posaient la question du périmètre de la restructuration à entreprendre ainsi que du domaine de compétences des uns et des autres. S'il importe de « trouver des synergies communes », comme l'indiquait le responsable FRPL, Hubert Majesté, faut-il raisonner plutôt « filière » ou bien (ou aussi) « territoires » ? Au plan départemental ou interdépartemental ? Ou bien à l'échelle du Bassin de l'Adour, voire du grand Sud-ouest ? Le débat en la matière est loin d'être clos et il dépasse manifestement le cadre basco-béarnais puisque l'on observe déjà dans la région ou d'autres bassins laitiers (la Bretagne en particulier) des rapprochements ont déjà été opérés Quoi qu'il en soit, insistait Jean-Louis Lafitau, l'enjeu est crucial car il s'agit de « permettre aux éleveurs de disposer d'outils opérationnels pour les aider à produire du lait et à en vivre » Guy Mimbielle Le troupeau laitier 64
Le rapport d'activité du Contrôle laitier permettait de jeter un regard sur l'évolution du cheptel départemental.23000 vaches (pour 519 éleveurs) sont suivies selon des protocoles normés au plan national en fonction de la périodicité (A30, AT30, A42).Ces contrôles confirment l'augmentation de la taille moyenne des troupeaux et situent les performances du cheptel basco-béarnais par rapport à la moyenne nationale. Il ressort ainsi qu'une vache au contrôle laitier 64 en 2009 produit en moyenne 7 362 kg de lait à 289 €/t avec 40,3 de TB (taux butyreux) et 32,6 de TP (taux protéique). Parmi les autres chiffres clés qui la caractérisent, citons : 5 678 litres de lait autonome, 15,1kg de matière sèche de fourrage ingérés, 5 kg de concentré par vache et par jour : pour une telle vache qui produit 7 362 kg de lait, l'objectif « est de le faire avec seulement 3,5 kg de concentré par jour ! », assurent les techniciens.Autre chiffres-clé : un vêlage tous les 434 jours, une moyenne de 2,7 lactations/VL.La taille moyenne des ateliers est de 55,7 ha de SAU dont 34,2 ha de SFP pour 44 vaches qui produisent 329 331 litres.Il ressort enfin de ces chiffres que des progrès économiques sont encore possibles chez de nombreux éleveurs. D'importantes différences existent toujours : la marge brute des meilleurs est ainsi supérieure de 101 euros pour 1 000 litres à celle des moins performants.