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Le commerce de la viande ovine en pleine mutation

Selon une étude de FranceAgriMer, dans un contexte de forte décapitalisation en Nouvelle-Zélande et en Europe, la viande de mouton s’est refait une place sur les marchés entre Chine, UE et Golfe persique.

file-Selon FranceAgriMer, le potentiel de production en Océanie a beaucoup baissé, surtout en Australie (notre photo) et en Nouvelle-Zélande, en raison de considérations sanitaires et du fait de la compétition avec la production de lait de vache.
Selon FranceAgriMer, le potentiel de production en Océanie a beaucoup baissé, surtout en Australie (notre photo) et en Nouvelle-Zélande, en raison de considérations sanitaires et du fait de la compétition avec la production de lait de vache.

Depuis 2010, le marché mondial de la viande ovine s’est modifié. Dans une étude publiée le 10 septembre, FranceAgriMer s’est penché sur la question de ce «commerce en mutation». Ainsi, «le commerce de viande ovine a longtemps été polarisé: les pays de l’hémisphère sud approvisionnant les pays de l’hémisphère nord déficitaires en viande ovine. Sur la dernière décennie, des flux du nord vers le sud et entre pays du sud sont apparus», écrit l’institut.

Une nouveauté qu’il explique à travers l’analyse de plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’expansion de la demande en Asie qui a fait progresser très rapidement les importations vers cette zone du monde. À l’inverse, dans l’Union européenne, la demande s’est tassée en lien avec la crise économique.

De plus, le potentiel de production en Océanie a beaucoup baissé, surtout en Australie et en Nouvelle-Zélande, les deux pays leaders de l’export (sanitaire, compétition avec la production de lait de vache…). La faible progression de la viande ovine au niveau mondial (+1%/an en moyenne entre 2004 et 2014) a également créé des tensions sur les marchés avec une hausse des cours.

Développement des technologies de découpe

D’autres facteurs ont également joué sur l’évolution de ce commerce mondial: les aléas climatiques, «notamment en Océanie, entraînant alternativement un afflux des sorties d’animaux de réforme vers les abattoirs et les marchés extérieurs, puis un recul des exportations lors de la reconstitution des cheptels», le taux de change, facteur clef de la compétitivité d’un pays à l’exportation, le contexte sanitaire avec des embargos déstabilisant les marchés ainsi que l’amélioration des techniques de découpe et de conservation des viandes qui ont permis une meilleure adaptation à la demande de chaque pays. Tous ces éléments réunis ont modifié les échanges internationaux.

Ainsi, les principaux exportateurs de viande ovine ont réorienté une partie de leurs flux vers les marchés dont la demande est croissante au détriment des marchés historiques moins dynamiques comme l’Union européenne. «En 2012, pour la première fois depuis leur mise en place en 1994, les contingents d’importation européens ont été utilisés à moins de 70%», note FranceAgriMer.

En parallèle, l’Inde et le Pakistan se sont mis à exporter de manière non négligeable (respectivement 23.000 TEC et 12.000 TEC en 2014), rejoints par l’Éthiopie (15.000 TEC en 2004). Et l’Arabie saoudite, comme les Émirats arabes Unis, sont devenus les quatrième et cinquième importateurs de viande ovine, après la Chine, l’UE et les États-Unis. Pour 2015, FranceAgriMer prévoit un possible tassement de la demande en Chine en lien avec le ralentissement de l’économie, ce qui pourrait laisser envisager «une détente» sur le marché mondial.

Le cas néo-zélandais

Entre 1994 et 2014, la Nouvelle-Zélande est passée d’un cheptel de 49 millions à 30 millions d’ovins. Dans le même temps, le cheptel de vaches laitières a été multiplié par 1,7, tiré par la demande chinoise en poudre de lait, résume FranceAgriMer dans son étude,
publiée le 10 septembre. Les éleveurs de moutons résident majoritairement en zone de montagne, les exploitations en zone de plaine s’étant reconverties dans la production de lait de vache.

« Les éleveurs ovins sont aussi en compétition avec les surfaces de forêts plantées qui ont progressé de 1,3 millions d’hectares entre 1990 et 2010 dans un contexte de développement du marché du carbone», note FranceAgriMer, un phénomène qui contribue à faire baisser encore la production de viande ovine.

 

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