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La classification des zones vulnérables contestée

La FDSEA, les JA et la chambre d'agriculture dénoncent la méthode de concertation utilisée par l'administration. Ils réaffirment leur opposition à  de nouveaux classements et demandent certains déclassements.

Ils ont pourtant fait preuve de pédagogie. Depuis de longs mois, les responsables de la FDSEA et des JA des Pyrénées-Atlantiques, ainsi que la chambre d'agriculture, ont sensibilisé l'administration aux risques d'une classification outrancière des zones vulnérables, dans le département.
D'une part, les analyses d'eau réalisées en divers points dans la plupart des cours d'eau montrent que les efforts consentis par les producteurs ont porté leurs fruits. D'autre part, les conséquences de nouveaux classements sur la pérennité des exploitations et l'économie des territoires s'avèrent dramatiques. Après la divulgation des nouveaux zonages, c'est donc l'incompréhension qui prévaut. Mardi 11 septembre, le préfet coordonnateur du bassin Adour-Garonne, Henri-Michel Comet, a convié à  Toulouse la profession agricole à  une présentation de sa proposition de nouvelle délimitation. Les responsables professionnels estiment avoir fait le voyage pour rien. Aucune discussion n'a pu être engagée et ils se sont vus remettre la proposition de nouvelles délimitations, sans que leurs arguments n'aient été entendus. « On s'estime dupé », avoue amèrement Henri Bies-Péré, le président de la FRSEA Aquitaine. Rencontre à  la préfecture
Si les délimitations précises ne sont pas encore connues, il semble qu'une nouvelle zone concernerait une cinquantaine de communes supplémentaires par rapport au zonage précédent, soit près de 200 communes au total. Ces ajouts viseraient plus précisément la partie Nord-Est du département, et les cantons de Morlaà s, Pau-Nord, Arzacq, Thèze, Arthez, Lescar
À la veille d'une réunion importante sur le sujet, les responsables professionnels se sont donc mobilisés à  nouveau, pour faire entendre leur mécontentement. Hier, jeudi 13 septembre, une délégation s'est rendue à  la préfecture des Pyrénées-Atlantiques pour y rencontrer Benoist Delage, son secrétaire général. À cette occasion, ils ont réitéré leur opposition à  l'extension de la zone et au maintien de plusieurs secteurs, arguments techniques à  l'appui. Une commission administrative de bassin doit se réunir à  Toulouse, aujourd'hui, vendredi 14 septembre. L'ensemble des préfets concernés y participe. « Nous avons voulu réaffirmer notre position avant ce rendez-vous, explique Jean-Jacques Lateulère, président de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques. Nous souhaitons que le préfet de notre département porte la voie des agriculteurs et que l'on soit enfin entendus ». Concrètement, la profession dénonce un classement abusif aux lourdes conséquences pour les exploitations agricoles. Elle revendique un déclassement des zones dont les taux de nitrates sont revenus en dessous du seuil légal. « Par exemple, nous possédons toutes les données pour sortir la zone du gave de Pau », martèle Alex Casteret, trésorier de la FDSEA.
À la vue de quelques résultats d'analyses isolés, présentant des niveaux aberrants, les responsables professionnels dénoncent certains protocoles de prélèvement non-représentatifs de la situation des cours d'eau. Et ils bénéficient pour cela de solides arguments. « Nous devons notamment faire face à  un cas exceptionnel, lié à  la vidange d'un ouvrage de stockage », explique Guy Estrade, vice-président de la chambre d'agriculture. Ce constat supplémentaire apporte un peu plus d'eau au moulin des syndicalistes. « Si on exclut cette analyse, le taux moyen de ce secteur repasserait en dessous du seuil légal », poursuit-il. La prochaine étape, avant validation définitive de la nouvelle zone fin décembre, est la phase de consultation institutionnelle durant laquelle les chambres d'agriculture, conseils généraux et régionaux, CoDERST 1, devront se prononcer sur les propositions de l'administration. Elle sera suivie en décembre de la consultation des instances de bassin.
« Depuis 1996, l'expérience montre qu'à  chaque nouveau classement, les mises aux normes et les contraintes liées au classement font disparaître de nombreux élevages les conséquences économiques sont terribles », commente Jean Jacques Lateulère. La profession attend donc désormais un signe positif de la part de l'administration. Un infléchissement de la position du préfet coordonnateur est attendu. Fabien Brèthes
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