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Aquitaine : un potentiel agricole et agroalimentaire à  développer

Le Conseil économique, social et environnemental a publié un rapport qui décèle les forces, les faiblesses mais surtout les perspectives des secteurs agricole et agroalimentaire aquitains.

L'agriculture et l'industrie agroalimentaire jouent des rôles majeurs dans l'économie de la région Aquitaine. Jusque-là , le constat n'a rien de nouveau. Il sonne même comme une évidence, tant ces secteurs participent à  la création de valeur ajoutée ou encore d'emploi. Mais lorsqu'il s'agit de dresser des perspectives pour l'articulation de ces filières et leur renforcement, l'exercice est nettement plus ardue. C'est à  ces questions qu'a tàché de répondre le conseil économique, social et environnemental d'Aquitaine (Ceser), lors d'un récent rapport. Deuxième assemblée d'Aquitaine, l'institution dispose d'un rôle consultatif élargi par les lois successives de décentralisation. À ce titre, le préfet de région et le président du conseil régional d'Aquitaine lui ont confié, en juin 2010, la conduite de cette étude, dirigée par Pierre Delfaud, président de la section « veille et prospective ». Renforcer l'axe agriculture/industrie agroalimentaire S'appuyant sur le questionnement des professionnels de ces secteurs, l'étude a porté plus précisément sur « les perspectives de renforcement des filières agroalimentaires par l'articulation agriculture et industrie agroalimentaire (IAA) en Aquitaine ». Afin de mieux cerner les autres filières, les vastes domaines de la pêche et pisciculture, de la forêt et du bois ainsi que de la viticulture n'entraient pas dans son champ. En guise de constatations, le rapport met à  jour trois logiques d'articulation entre la production agricole et la transformation agroalimentaire, autrement dit entre l'amont et l'aval des filières. Tout d'abord, la moitié des industriels de l'agroalimentaire entretient des relations quasi exclusives avec l'agriculture locale. C'est surtout le cas dans les filières marquées par un grand « déterminisme géographique », dicté par les coûts de transport ou la péremption des produits. Ce mode de fonctionnement concerne aussi les filières dotées de cahiers des charges imposant un approvisionnement local. Ce circuit est également typique des structures coopératives animées par la volonté de « préférence régionale ». Rien d'étonnant à  ce qu'il arrive en tête des différents modes d'articulation, lorsque l'on sait que l'Aquitaine est championne pour son nombre de filières sous signes officiels de qualité et que les coopératives y sont très fortes et de plus en plus structurées en aval. À l'inverse, lorsque l'industrie est confrontée à  une non-disponibilité locale des matières premières ou bien qu'elle appartient à  une filière très segmentée, ces relations fonctionnent moins bien. C'est le cas chez 20 % des opérateurs. « En Aquitaine, il existe un trou dans la fabrication de produits agricoles intermédiaires », déplore, à  cet égard, Pierre Delfaud. Enfin, 30 % des industriels sondés travaillent sur la base d'un modèle combiné d'approvisionnement, en raison d'une saisonnalité de l'offre locale, d'une volonté d'élargissement de leurs gammes de produits ou bien d'un différentiel de prix entre la production locale et les approvisionnements extérieurs. Retard sur les produits intermédiaires Dans ses conclusions, le Ceser observe un excellent positionnement de l'industrie agroalimentaire aquitaine sur les activités de première transformation (abattage de volailles par exemple), ainsi que les produits de consommation finale, gràce aux signes officiels de qualité (filières « de la fourche à  la fourchette »). En revanche, le déficit sur les produits agricoles intermédiaires constitue un véritable levier de développement. Dans ce domaine, la région accuse un retard important vis-à -vis de ses homologues. Selon le Ceser, l'Aquitaine n'a pas le potentiel de transformation à  la hauteur de ces ressources. Pour activer ce levier, les activités de recherche et développement ainsi que l'innovation ont un rôle crucial à  jouer. Pour ce faire, l'institution préconise le déploiement d'un pôle d'innovation majeur en Aquitaine. Contractualisation et développement durable Sur le plan commercial, le Ceser prône le renforcement de la contractualisation et l'allongement de l'horizon des contrats. Un sujet d'actualité. « Puisqu'il n'y aura plus les filets de sécurité de la PAC, les contrats de filière deviennent essentiels. Il ne s'agit pas de s'embarquer dans une aventure à  long terme, sans garantie préalable, commente le président. le regroupement de l'offre doit se faire en vue d'atteindre les masses critiques nécessaires pour peser sur les marchés avec des contrats positionnés sur des horizons plus longs ». Les deux dernières pistes de travail sont une plus grande prise en compte des exigences du développement durable, ainsi qu'un meilleur partage de la valeur ajoutée entre les acteurs de la filière. Toutefois, la structure concède que quelques inconnues de taille demeurent au moment de réaliser ces projections. Il s'agit principalement de l'évolution des prix des céréales et de la politique agricole commune.
Fabien Brèthes
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