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700 ans de l'armagnac

Baco, l'àme d'un cépage mythique

Le Baco 22A est un cépage obtenu en 1898 par François Baco (lire zoom) du croisement franco-américain des cépages Folle-Blanche et Noah. Plus précisément nommé Maurice Baco 22 A, c'est l'unique hybride reconnu en viticulture française et destiné à  la production d'Armagnac.
En cette année 2010 de célébrations des 700 de l'armagnac, Villeneuve- de-Marsan (Landes), avec tout le Bas Armagnac, a choisi de rendre hommage à  François Baco, cet homme tenace et passionné qui a laissé un bel héritage à  l'armagnac et qui débuta sa carrière d'instituteur dans le village. De randonnées dans les vignes, en visites de chai, marchés de producteurs et conférences, les visiteurs ont rencontré un homme, son oeuvre, mais aussi l'eau-de-vie racée de ce terroir.
Un judicieux croisement François Baco trouva dans l'hybridation de cépages américains et européens un pare-feu aux graves attaques du phylloxéra dans le dernier quart du XIXe siècle, et du “black-rot” en 1896. Attaques qui vont dévaster le vignoble français. Avec beaucoup de minutie, il croisa (par fécondation) des plants “nobles” européens à  des plants américains de moindre qualité, mais qui ont la très intéressante particularité d'être résistants au phylloxera et autres agresseurs. Des milliers de plants qu'il obtint, il n'en sélectionna que 8, dont le Baco 22A. Le vignoble de l'Armagnac sera sauvé par la plantation de dizaines de milliers de pieds de vigne issus de l'hybridation de François Baco. Les créations de Baco sont connues aux quatre coins du monde.
Le Maurice Baco 22A a récupéré le meilleur de ses deux parents : l'élégance de la Folle-blanche et le caractère vigoureux et fructifère, résistant à  de nombreuses maladies du Noah. « Il est très adapté au terroir du Bas Armagnac, sur les sables fauves et boulbènes, qui permettent sa véritable expression, ce qui est important en AOC. En outre, il est facile à  travailler » décrit Jean-Louis Bà¼er, directeur de l'INAO. Pourtant, Intégré dans le décret d'appellation armagnac en 1936, il devait en être retiré définitivement cette année 2010, sur décision de l'INAO en 1990. Les producteurs armagnacais, très attachés à  ce cépage, ne l'ont pas entendu de cette oreille et se sont battus pour éviter cette interdiction.
Une histoire d'hommes Comme le souligne Marie Claude Ségur au BNIA (bureau national interprofessionnel de l'Armagnac), « le Baco apporte à  l'armagnac un côté anticonformisme et un style aromatique complémentaire aux autres cépages, permettant de jouer sur les assemblages. C'est une clé de l'identité du terroir Bas Armagnac ». Très fruité, il permet en outre un vieillissement optimal de l'armagnac dans les fûts de chêne.
Autre atout du cépage, ses qualités culturales et environnementales. « Il est solide, résistant au mildiou, au black-rot et à  l'oidium, nécessitant donc peu de traitements cryptogamiques, tout en assurant une vendange saine » indique l'oenologue Michel Jorieux.
À grand renfort d'expérimentations pendant cinq ans, la profession, opiniàtre et soudée, a finalement obtenu en 2005 que le cépage soit reconnu et rétabli dans le décret armagnacais. « Le Baco, les vignerons l'ont développé et défendu. Cette histoire d'hommes est une dimension importante de l'appellation. C'est une belle histoire collective autour de ce qui aurait pu être une formidable injustice » conclut Jean-Louis Bà¼er. D. M.
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