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Une grange ensoleillée

Encore peu développé en Aquitaine, le séchage solaire en grange présente de réels intérêts : pour l'herbe, les animaux et l'environnement.

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Les installations de séchage solaire en grange des fourrages vont-elles se développer dans la région ? Très répandus en Midi-Pyrénées, avec près de 200 installations recensées, ces systèmes restent marginaux localement. Pourtant, ils présentent de nombreux intérêts techniques. À l'initiative d'Yves et Didier Esturonne, producteurs à  Lys, la chambre d'agriculture des Pyrénées Atlantiques a tenu une réunion sur le sujet, le lundi 19 juillet.
Qualité préservée des fourragesLa technique, développée dans les années soixante-dix, permet tout d'abord de tendre vers l'autonomie fourragère et protéique. Jean-Luc Bochu, chargé de projets à  l'association Solagro, explique que ce mode permet de récolter l'herbe précocement tout en limitant les pertes durant la conservation, « on obtient un fourrage équilibré, appétant et peu encombrant ».
Gràce à  un taux de matière sèche à  la fauche compris entre 60 et 65 %, ce système offre un compromis entre l'enrubannage et la récolte classique du foin sec. En outre, ce niveau de séchage permet de récolter de manière performante des plantes délicates à  manipuler, telles que la luzerne.
La souplesse de travail et la moindre dépendance aux aléas climatiques, constituent également deux avantages à  mettre au crédit de ce système, « la récolte peut avoir lieu 12 à  24 heures après la coupe, au lieu de trois à  quatre jours traditionnellement ». Ce sont ces enjeux techniques qui ont poussé Yves Esturonne et son frère à  s'équiper, il y a deux ans, d'une telle installation.
Élevant des brebis laitières au sein du GAEC Gay, ils ont délaissé l'ensilage de mais. Aujourd'hui, la technique leur donne pleine satisfaction, « nous avons beaucoup moins de problème d'acidose et de mammite et nous sommes pratiquement autonomes au niveau alimentaire ».
Des coûts variables Selon eux, ce mode de conservation a particulièrement amélioré l'ingestion des fourrages.
En contrepartie, les installations de séchage en grange nécessitent des investissements parfois élevés, même si les coûts demeurent très variables. En plus de l'aménagement particulier du bàtiment, elles requièrent, en effet, l'achat du matériel de manutention et d'une remorque autochargeuse.
Pouvant fonctionner avec des sources d'énergie fossile, le séchage en grange peut aussi être réalisé gràce à  l'énergie solaire.
Dans ce cas, l'air ambiant passant sous la toiture (équipée d'une double paroi en dessous et d'une peinture sombre au dessus) est réchauffé puis propulsé par des ventilateurs sous les caillebotis de l'aire de stockage. Au GAEC Gay, l'installation assure le stockage de 200 tonnes de foin manipulées par le biais d'une griffe hydraulique se déplaçant sur rails.
Pas mal d'avantages Selon Jean-Luc Bochu, malgré le niveau d'investissement, de tels systèmes trouvent toute leur légitimité dans le contexte actuel. Ils permettent, en effet, des économies substantielles : aliments, prestations de récolte, confort de travail, parc de mécanisation Au final, la durée d'amortissement, par rapport à  un séchage intégral au champ, est estimée à  12 ans en moyenne.
Pour les producteurs souhaitant aller plus loin dans leur raisonnement en dimensionnant leurs installations, deux journées de formation sont d'ores et déjà  prévues les 27 et 28 septembre. Fabien Brèthes
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