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Marc Fesneau face à la détresse paysanne des Basques et des Béarnais

Les représentants des agriculteurs des Pyrénées-Atlantiques (FDSEA, JA et chambre d'agriculture) ont rencontré Marc Fesneau  jeudi 24 novembre, en marge du congrès de l’AGPM. Ils ont alerté le ministre de l'Agriculture sur leurs inquiétudes provoquées par une crise exceptionnelle notamment pour l’élevage

Représentants de la FDSEA, des JA et de la chambre d'agriculture ont rencontré Marc Fesneau, en marge du congrès de l'AGPM. Ils l'ont alerté sur leurs inquiétudes provoquées par une crise exceptionnelle.
© Fabrice Héricher Le Sillon

Alors que Marc Fesneau se rendait à Pau jeudi 24 novembre pour participer au congrès de l’AGPM, le ministre de l’Agriculture a accepté de rencontrer au palais Beaumont, dès sa descente de l’avion, une délégation composée d’élus de la FDSEA, des Jeunes Agriculteurs et de la chambre d’agriculture.

Les représentants ont poussé un cri d’alarme motivé par les difficultés rencontrées par les exploitants agricoles du département, particulièrement renforcées par une crise qui conjugue guerre en Ukraine et sécheresse. Tous s’accordent pour réclamer un plan d’urgence.

Ce contexte inquiète l’ensemble de la délégation qui craint «un drame économique, social et environnemental», comme le précise Marc Dupouy, secrétaire général de la FDSEA. Une situation désastreuse puisque les Pyrénées-Atlantiques ont déjà perdu 1 000 éleveurs allaitant en 10 ans. Bernard Layre, président de la chambre d’agriculture, s’appuie sur le témoignage d’un exploitant, dont les coûts énergétiques vont passer de 28.000€ en 2020 à 142.000€ en 2023, pour alerter sur le manque de trésorerie.

Une année catastrophique

Avec la sécheresse qui s’additionne à la flambée des charges, la décapitalisation, déjà importante, risque de s’accélérer et les faillites pourraient exploser. Les prairies desséchées en été, le manque de fourrage, dont le coût a lui aussi bondi, renforcent la détresse exprimée à la fois dans les filières ovines et bovines.

Pour les brebis laitières, c’est 75 à 80% du cheptel transhumant en montagne qui a subi la sécheresse depuis mai jusqu’à mi-novembre, avec des températures qui sont montées cet été jusqu’à 40°C. Le cirphis se chargeant d’éliminer les repousses d’herbes à l’automne, «les bêtes n’avaient plus rien à manger dehors» se désole Patrick Etchegaray, vice-président de la FDSEA qui «n’avait jamais connu une année comme 2022» en 40 ans d’exploitation. Alors que les éleveurs entretiennent les espaces d’estives, les troupeaux ont été forcés de descendre précocement. Avec des exploitants qui vont jeter l’éponge et des animaux qui ne pourront plus monter, la montagne risque l’ensauvagement.

Marc Fesneau se dit conscient de toutes ces difficultés et assure que le dossier des Pyrénées-Atlantiques sera traité en commission nationale des calamités le 9 décembre, si tous les éléments sont remontés au ministère. Le barème est d’ailleurs en cours de réévaluation afin de mieux indemniser les exploitants en zones touchées par la sécheresse.

Valoriser les efforts Egalim

Pour ne pas creuser de trop la trésorerie des agriculteurs, le gouvernement travaille également à une modification des critères d’accès au dispositif d’aide suite à l’explosion des coûts énergétiques. Pour l’instant, il est accessible aux structures dont les dépenses en énergie dépassent 3% du chiffre d’affaires. Ce seuil n’est pas représentatif des pertes chez les agriculteurs.

Cette conjoncture est d’autant plus inquiétante que la loi Egalim n’est pas encore strictement appliquée par tous les acteurs concernés, comme le souligne Sylvain Bordenave, président des Jeunes Agriculteurs. Il réclame une valorisation pour ceux qui se sont engagés, voire des sanctions pour les autres. Sébastien Uthurriague, vice-président de la FDSEA parle même de «trou dans la raquette».

Le ministre concède que si tout le monde ne joue pas le jeu, Egalim n’a pas été conçu pour faire face à une situation d’inflation mais pour valoriser les produits agricoles. Les négociations qui vont commencer avec les entreprises de l’aval risquent de se tendre autour de l’inflation. Sans préciser comment, Marc Fesneau rejoint Sylvain Bordenave pour dire qu’il faut valoriser les efforts réalisés.

Fabrice Héricher

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