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Enseignement
Pas né dedans, mais déterminé à travailler dans les champs.

À la Maison familiale rurale (MFR) d’Aire-sur-l’Adour (40) tous les élèves ne sont pas issus du milieu agricole. Ce phénomène a tendance à s’accélérer dans cet établissement.

Pas très à l’aise dans la conduite de tracteurs au départ, Yohan passe aujourd’hui la plupart de son temps à manipuler ces engins lorsqu’il est en entreprise.
© F. H. Le sillon

Yohan Le Moal est un exemple de ces jeunes. Avec une mère assistante maternelle et un père chauffeur routier il n’était pas prédestiné à travailler dans une exploitation.

Après une seconde générale, il tente une première technologique Sti2d pour s’orienter vers l’architecture. Très vite, il ne s’y sent pas à sa place. Il revient alors vers ses envies d’enfant, lorsqu’il était en primaire. «Mon grand-père est toujours comme à l’ancienne». Quelques animaux et des tracteurs qui venaient travailler les terres de l’aïeul lui offraient un terrain de jeu qu’il n’a pas oublié.

Sa mère lui conseille la MFR où elle a fait son cursus d’aide à la personne.

Il décide de tenter l’expérience, d’autant plus que le parcours se déroule en alternance. Même s’il doit reprendre en seconde, avoir un salaire quand on approche 18 ans ça motive. «J’avais envie de me payer le permis et la voiture» confirme-t-il.

Les élèves sont de plus en plus nombreux à ne pas avoir de lien direct avec le secteur agricole dans les classes de la MFR d’Aire-sur-l’Adour. Théo Oosterlaken, le directeur, observe cette tendance depuis plusieurs années. Ils représentent aujourd’hui plus de 80% des lycéens. Ça ne veut pas dire que les jeunes issus du milieu désertent les études agricoles mais plutôt que les effectifs augmentent.

Ces élèves ne sont pas aussi à l’aise que les autres, en particulier sur le maniement des tracteurs. L’établissement organise dès la rentrée de seconde des cours de conduite, deux jours et demi de stage, pour ne pas les mettre en difficulté quand ils arrivent en entreprise. Et Yohan confirme que « c’est compliqué d’apprendre à conduire ». Mais c’est bien sur les tracteurs qu’il devra passer la plupart de son temps de travail.

Motivation à toute épreuve

Yohan n’a pas vraiment de contact chez les agriculteurs autour d’Aire-sur-l’Adour. La MFR lui propose une alternance chez un semencier de Barcelone-du-Gers (40), Christophe Cazalet. Le côté pointu et technique de l’exploitation est une caractéristique attrayante pour Yohan.

Il est, par contre, rapidement confronté à la réalité et découvre le « côté caché » du monde professionnel. Il n’avait pas imaginé la charge que représente par exemple «l’entretien ou l’administratif». Mais le travail en extérieur et les horaires contraignants ou fluctuants ne le rebutent pas. En tant qu’alternant, il ne bénéficie pas des congés scolaires mais seulement des cinq semaines légales des salariés. Ça ne le dérange pas. «J’ai plutôt tendance à m’ennuyer pendant les vacances» sourit-il.

Si Yohan a trouvé l’intégration compliquée et a eu besoin d’un temps d’adaptation pour comprendre, par exemple, les spécificités du maïs semence, il est encadré par «un patron à l’écoute et super diplomate»

À l’école, il admet avoir du mal dans les matières générales. Mais les liens qu’il arrive à établir entre les périodes en entreprise et les cours, lui permettent de garder la motivation et l’aident à obtenir de bons résultats.

Benjamin Delhoste, enseignant en matières professionnelles, met en avant la pédagogie de l’établissement. Un thème à étudier avec le maître d’apprentissage, baptisé “plan d’étude” est proposé aux alternants avant chaque période en entreprise. À leur retour, les élèves travaillent à partir de leur restitution. Une pédagogie inversée en quelque sorte qui permet à l’alternant d’avoir une appréhension des problématiques qu’ils vont étudier. En cours, cette méthode facilite la compréhension et l’attention des élèves.

Pérenniser l’emploi

Christophe Cazalet, le maître d’apprentissage de Yohan, est satisfait du travail et de l’attitude professionnelle de son salarié. Il a «vite vu que ça allait le faire.» Ses parents à lui étaient bien agriculteurs mais il n’avait pas prévu de suivre cette voie. Après un cursus en filière pro qui l’a mené jusqu’à un BTS Électrotechnique, il travaille cinq ans chez Vivadour avant de reprendre l’exploitation familiale.

Il a besoin de main-d’œuvre pour cultiver ses 90ha qu’il aimerait étendre. Mais c’est «la croix et la bannière» selon lui pour trouver du personnel motivé et qualifié. Il envisage alors de former un jeune par alternance et espère pérenniser leur collaboration. Après plus d’un an avec Yohan, ce projet paraît parfaitement engagé.

Fabrice Héricher

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