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Méthanisation : un dispositif régional pour faire naître des projets

MéthaN-action organise ce printemps la visite de quatre unités de méthanisation situées en Haute-Vienne, Charente et Pyrénées-Atlantiques. En cogénération ou en injection, elles ont été mises en service entre fin 2019 et fin 2020.

file-La première visite organisée dans le cadre du dispositif MéthaN-action s’est déroulée sur l’exploitation du GAEC Gaudy à Saint-Junien (Haute-Vienne).
La première visite organisée dans le cadre du dispositif MéthaN-action s’est déroulée sur l’exploitation du GAEC Gaudy à Saint-Junien (Haute-Vienne).

Depuis 2018 et sa création par l’Ademe et la Région Nouvelle-Aquitaine, le dispositif MéthaN-action œuvre au développement de la méthanisation en région. De leur côté, la chambre régionale d’agriculture et la FRCUMA, en charge de l’animation du programme, informent et conseillent les porteurs de projets.

À ce jour, 79 unités sont en fonctionnement dans la région. Cela représentait en 2018, 685.000 t de biomasse et 258 GWh d’énergie produite, soit l’équivalent de la consommation globale de plus de 14.000 foyers néo-aquitains. La plus ancienne est celle du GAEC Gaudy (Haute-Vienne), en fonctionnement depuis octobre 2019. C’est sur celle-ci qu’une vingtaine de participants, porteurs de projet ou étudiants, s’étaient donnée rendez-vous le 30 mars.

Une idée vieille de 20 ans

Situé près de Saint-Junien, le GAEC Gaudy élève 250 limousines sur 450 ha. Depuis la visite d’une unité de méthanisation en Allemagne il y a presque 20 ans, l’idée trotte dans la tête de Mathieu Gaudy. Trois ans seront nécessaires au développement du projet et à la construction du méthaniseur par la société Agrikomp. Un investissement de 2,2 millions d’euros aura été nécessaire, subventionné à 20%.

«Pour moi, la méthanisation, c’est l’avenir de l’agriculture, explique l’éleveur. Aujourd’hui, il est de plus en plus compliqué de vendre nos bêtes. On est obligés de se diversifier». Certes, l’investissement est important, avoue Mathieu Gaudy : «Nous avons eu plus de 300.000 € de terrassement car le sol n’était pas très bon. Notre objectif initial était d’avoir un système simple qui nécessite peu d’entretien et peut fonctionner avec 100% de fumier. Plusieurs constructeurs proposaient de partir sur une unité plus grosse mais nous avons préféré plus petit pour être sûrs de pouvoir approvisionner».

L’unité de 200 kWh fonctionne depuis 2019 de façon autonome avec une majorité de fumiers bovins (70%). En complément, Mathieu Gaudy incorpore de l’ensilage de maïs et des Cives (seigle + pois) ainsi que les jus de silo et de stabulation en proportions variables selon la saison. «On incorpore en direct par couche, du plus fin au plus épais, explique-t-il. Cela représente plus de 8.500 t par an. Le biogaz généré dans le digesteur passe dans le post digesteur, puis est refroidi, compressé et passé dans un filtre à charbon qui permet de baisser le taux de soufre. Enfin, il alimente le cogénérateur. S’il y a un excédent de gaz, il est relâché par une soupape et brûlé par une torchère, mais c’est très rare».

Pas de trouble du voisinage

Aucun risque d’explosion, car le gaz n’est pas compressé. De quoi rassurer le voisinage. Tout comme l’absence d’odeurs du digestat épandu sur les prairies et les cultures (N.D.L.R. : l’unité fonctionne sans séparateur de phases). Mathieu Gaudy note aussi d’autres bénéfices de son unité de méthanisation : pas de temps et de coût d’épandage du fumier, moins d’engrais…

En outre, la chaleur générée par le moteur va prochainement alimenter un séchoir à plat, encore non raccordé pour l’instant. «Cela va nous permettre de réduire les coûts des rations et d’avoir une alimentation de meilleure qualité, poursuit Mathieu Gaudy. On projette de passer de 20 à 30 ha de luzerne et d’y sécher le foin. Nous proposerons aussi des prestations de séchage».

Modulable selon la quantité d’éléments à sécher, le séchoir propulse de l’air à 80°C et permet par exemple de sécher du bois de chauffage. Du foin à 50% d’humidité est ainsi sec en une journée. Enfin, en termes de charge de travail, l’exploitant estime à 1 heure par jour le temps à consacrer à l’unité.

P. Dumont

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