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Les vignerons landais contribuent à l’intégration d’un groupe de réfugiés

Les Landes expérimentent un dispositif d’accueil de réfugiés afghans, tibétains et somaliens qui signent un CDI avec des vignerons du Tursan, Madiran et Saint-Mont.

file-Institutionnels et employeurs se sont réunis à la cave de Geaune pour faire le bilan de l’action mais également de l’accompagnement social de Azim, Mustapha, Tenkyong, Tenzin, Hassan, Nematolah, Khawajamir.
Institutionnels et employeurs se sont réunis à la cave de Geaune pour faire le bilan de l’action mais également de l’accompagnement social de Azim, Mustapha, Tenkyong, Tenzin, Hassan, Nematolah, Khawajamir.

Réfugiés en France depuis 2018, huit jeunes hommes âgés de 19 à 31 ans avaient manifesté un penchant pour l’agriculture et le maraîchage lors de leur parcours d’insertion en région parisienne et désiraient s’engager plus avant dans cette voie professionnelle. Suite à une sollicitation de la direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations, l’Anefa Landes a répondu à la demande de plusieurs groupements d’employeurs des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et du Gers en demande de main-d’œuvre et souhaitant accueillir des réfugiés en stage avec des perspectives d’embauche à la clé.

C’est ainsi qu’en décembre 2020, Azim, Mustapha, Tenkyong, Tenzin, Hassan, Nematolah, Nour, Khawajamir, de nationalité tibétaine, afghane et somalienne arrivent à Aire-sur-l’Adour où la logistique d’accueil a été organisée en synergie avec des organismes partenaires. Pour l’hébergement, XL Habitat proposera des logements sociaux à Aire ; la Fondation COS CPH Landes (centre provisoire d’hébergement) accompagnera les démarches administratives d’intégration ; la préformation se fera à la Maison familiale et rurale d’Aire-sur-l’Adour pour l’acquisition des compétences linguistiques indispensables aux échanges et dans les exploitations viticoles pour la partie technique.

«Ces stages étant concluants, il leur a été proposé de signer un contrat de professionnalisation expérimental dans cinq entreprises. Ces contrats, d’une durée de 12 mois, ont continué d’intégrer des temps de formation notamment en français» précise Théo Oosterlaken, le directeur de la MFR d’Aire.

Dispositif gagnant-gagnant

Des huit du départ, ils sont sept ce lundi 14 mars dans la salle de réunion de la cave du Tursan à suivre le bilan des partenaires, tant sur la formation que sur l’accompagnement social de ces salariés. 16 mois après leur arrivée à Aire-sur-l’Adour, il est positif pour toutes les parties et «le qualificatif gagnant-gagnant accompagne ce qui au départ était un coup de poker.» À l’issue de ces contrats de professionnalisation, six réfugiés ont signé un CDI au sein des mêmes entreprises et un autre signera un CDD puis un CDI à partir de juillet 2022.

«Je suis très content de travailler, les travaux sont variés et les gens sont gentils. L’hiver c’est un peu difficile pour les déplacements, ce serait bien d’avoir une voiture. Je gagne le smic, on verra…» relate Mustapha, Somalien de 26 ans, en CDI au GE 4 Saisons à la satisfaction d’Olivia Gros-Scapin, responsable carrières et compétences. «Ils sont assidus, ponctuels, très investis dans l’entraide, le savoir-être. C’est une très belle aventure humaine et une très belle réussite des deux côtés». Tenzin et Hassan ont découvert le Vic-Bilh au sein du GE Mont Durou qui regroupe six viticulteurs. «Ils sont adroits manuellement et veulent apprendre. Et ils veulent communiquer un max !» pointe Vincent Lagrave.

«Ils sont très courageux et volontaires et le bilan est positif» relate Régis Laporte, le directeur de la cave de Tursan. «Devant de tels parcours de vie, on est pris au cœur et on se devait de contribuer à cet élan de solidarité», confesse Pascal Chalandré, qui préside la cave et le groupement d’employeurs. Les propos d’Eva Quérand, adjointe de direction au COS CPH Landes, alimentent la satisfaction générale «vis-à-vis d’un dispositif qui place la personne acteur de son propre parcours.»

Un dispositif que les Landes ont été le premier département à expérimenter dans le cadre des politiques publiques, précise Franck Hourmat, le directeur de la DDETSPP 40. «Ce programme mettant en relation des partenaires pour assurer l’accueil, le logement, la formation linguistique et professionnelle de réfugiés est une réussite. Au-delà de l’impulsion politique de l’État il est bon de souligner la mobilisation des citoyens pour le respect du droit international.»

Gilbert Delahaye

1. GE du Mont Durou (Aurions- Idernes), GE des 4 saisons (Le Houga), GE Tumapaler (Viella), GE des Augustins de la cave de Geaune, Chez Christine Dupuy (Saint-Lannes).

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