Les syndicats affichent leurs objectifs
L'Association française des journalistes agricoles a réuni, le 9 janvier, les organisations syndicales pour débattre. Si la FNSEA et les JA s'inscrivent dans une approche pragmatique, proche des préoccupations des agriculteurs, les minoritaires ont une vision plus idéologique
François Lucas, lui, récuse le terme de compétitivité, considérant que l'agriculture européenne n'a pas les moyens de jouer à armes égales avec les agricultures d'Amérique du Sud, de l'Argentine par exemple, depuis que les frontières sont ouvertes et que l'agriculture est intégrée à l'OMC. 4 L'environnement » Une chance ou un boulet ? Le sujet divise profondément les organisations agricoles. Philippe Collin y verrait bien un moyen d'en faire un atout pour l'agriculture française « plutôt que de parler de compétitivité ». À l'inverse, François Lucas estime que les mesures de verdissement constituent « une insulte à l'humanité » et contribuent à désarmer l'agriculture européenne face aux concurrences externes.
Plus pragmatique, Dominique Barrau considère que le verdissement, l'agro-écologie sont « un combat de tous les jours », pour faire changer les règles et les adapter à la réalité agronomique. Et de souligner que les solutions à l'environnement « sont dans les fermes et non pas dans les bureaux du ministère de l'Agriculture ». D'ailleurs la FNSEA a demandé « la mise en place d'un moratoire » sur les règles environnementales, rappelle-t-il. 5 Des prix plutôt que des aides » À la question posée de savoir si un rééquilibrage des aides peut réduire la fracture entre les grandes cultures et l'élevage, la réponse est nuancée. D'autant plus que la proposition de la FNSEA/JA et de la CP d'adapter le montant des aides à la conjoncture agricole a été refusée par la Commission européenne. Quant à l'idée avancée par le ministre de l'Agriculture de surprimer les 50 premiers hectares, elle doit être expertisée sans renoncer à d'autres pistes, estime le secrétaire général de la FNSEA. Au bout du compte, toutes les organisations agricoles préféreraient que les agriculteurs tirent leurs revenus des prix, les aides devant avoir un rôle d'orientation des productions ou de compensation des handicaps dans les zones difficiles pour la FNSEA. La Coordination rurale juge pour sa part qu'il faudrait revenir à la PAC d'autrefois, avec une protection aux frontières, seul moyen d'assurer des prix rémunérateurs aux agriculteurs. 6 Crispation sur la contractualisation » « Ca va dans le bon sens » estime Dominique Barrau et Gaël Gautier qui considèrent que l'organisation des producteurs permet d'obtenir de meilleurs prix des entreprises qui ont tendance à s'aligner sur prix le plus bas. Un avis qui n'est pas partagé par les minoritaires : « un contrat léonin » pour François Lucas ou « une cautère sur une jambe de bois » pour Philippe Collin qui pointent les insuffisances de la contractualisation plutôt que ce qu'elle peut apporter aux agriculteurs. Tous les syndicats considérant que la contractualisation sera d'autant plus pertinente que les marchés seront mieux organisés.