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Les agriculteurs crient leur détresse

Plus de 65 départements se sont mobilisés dans la nuit du 2 au 3 juillet pour la «Nuit de la détresse» initiée par la FNSEA et JA pour interpeller l’opinion et les pouvoirs publics sur la crise que traverse actuellement l’agriculture française.

Éclairés par les gyrophares des tracteurs, les convois d’agriculteurs se sont dirigés vers les préfectures et sous-préfectures, en passant parfois par les distributeurs ou les laiteries et déversant de la paille et du fumier. La manifestation s’inscrit dans le cadre d’une mobilisation syndicale plus large pour revendiquer des prix à la production plus élevés dans les filières animales, notamment porc, bovins et lait.

Dans les semaines précédentes, des actions menées par les éleveurs — opérations coup-de-poing dans les grandes surfaces, blocages d’abattoirs… — avaient permis de réunir deux tables rondes pour les filières porcine et bovine sous l’égide du ministre de l’agriculture, aboutissant à une promesse de revalorisation des prix. Les agriculteurs ont cependant maintenu la pression en attendant de vérifier si cette revalorisation serait effective sur le terrain. Depuis 2014, la baisse des prix à la production est continue, avec des cours inférieurs de 13 à 20% en avril2015 à ce qu’ils étaient un an plus tôt. «Ne laissons pas l’agriculture s’enfoncer dans la crise», demandait Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, en début de semaine.

Si les opérateurs ont promis de revaloriser, chaque semaine, les prix de la viande bovine de 5 centimes le kg jusqu’à ce que les coûts de production soient couverts, leur «mise sous surveillance» effectuée par les syndicats a démontré que les engagements n’étaient pas respectés, avec seulement un centime de hausse lors de la diffusion des cotations de FranceAgriMer le 30 juin. Une situation qui a conduit la Fédération nationale bovine (FNB) à inciter à la reprise des actions fortes vers les abattoirs. Le ministre de l’agriculture a de son côté saisi le 1er juillet le médiateur des relations commerciales agricoles pour suivre les engagements pris sur les filières porcine et bovine, avec un premier retour attendu mi-juillet. Les cours du porc ne sont pas non plus remontés comme la filière l’avait promis, alors que les éleveurs porcins n’arrivent pas à couvrir leurs coûts de production.

Les éleveurs laitiers de la FNPL ont eux aussi demandé «des réponses de l’aval de la filière ainsi que des pouvoirs publics à la hauteur de cette crise», notamment avec un prix du lait qui «doit être revalorisé dès juillet».

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