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Le vignoble du Tursan bénéficie d’une vraie dynamique

Le syndicat de défense et de contrôle des vins de Tursan a tenu son assemblée générale le 25 janvier dernier. Retour sur les actualités de la filière avec, Pascal Lafenêtre, viticulteur à Classun, qui occupe la présidence de la structure depuis deux ans.

file-Pascal Lafenêtre a succédé à Jean-Louis Lafargue il y a deux ans, à la tête du syndicat de défense des vins de Tursan.
Pascal Lafenêtre a succédé à Jean-Louis Lafargue il y a deux ans, à la tête du syndicat de défense des vins de Tursan.

L’année 2021 a été dominée par le gel du printemps. Quel bilan peut-on dresser à cette heure ?
P. Lafenêtre - Cela faisait trente ans tout juste que l’on n’avait pas connu un tel épisode climatique. Au niveau du vignoble du Tursan, dans sa globalité, la perte de volumes atteint 50%. Mais cette moyenne masque des disparités considérables, avec des pertes allant de 10 à 100% selon les parcelles. Autrement dit, certaines vignes ont enregistré des vendanges presque normales, quand d’autres ont tout perdu.

Quelles vont être les répercussions sur le plan commercial ?
P. L. - Heureusement, les producteurs et metteurs en marché ont retenu les enseignements du passé. En 2013, notre vignoble avait déjà connu un aléa qui avait eu un impact dans le même ordre de grandeur au niveau des volumes. Mais il n’avait pas été géré de la même manière.

Le Tursan a la chance d’être un produit qui présente une bonne capacité de garde. Ces dernières années, nous avons pu capitaliser avec des millésimes de très bonne qualité, qui ont pu être mis en réserve, au moins en partie. Aujourd’hui, les opérateurs du Tursan disposent de ces produits-là en stock qui vont pouvoir compenser les quantités perdues lors des dernières vendanges.

D’après les projections, on devrait avoir des volumes à commercialiser à peu près équivalents aux exercices précédents. Les consommateurs trouveront donc toujours du Tursan sur leurs tables, le but étant d’éviter les ruptures d’approvisionnement pour garder les marchés et les référencements. Par contre, les stocks en fin d’année 2022 seront très faibles. Cet épisode aura donc de fortes conséquences sur plusieurs années, et il est impératif que 2022 et 2023 soient de bons millésimes.

En revanche, l’impact devrait être important pour le fonctionnement du syndicat…
P. L. - En effet, les pertes de volumes vont se faire ressentir durement au niveau des comptes de la structure, car les cotisations fonctionnent sur la base des volumes revendiqués. On sait déjà que l’on va avoir un trou financier important l’année prochaine. On essaie de sensibiliser nos partenaires à cette difficulté.

Où en sont les dispositifs de soutien de la filière ?
P. L. - L’épisode de gel du printemps 2021 n’a pas touché que le Tursan, mais énormément de vignobles en France. Heureusement, des mesures nationales ont donc été déployées. Les dispositifs sont encore en cours de déploiement. Récemment, il y a encore eu des discussions autour des surfaces qui ne peuvent pas rentrer dans les mécanismes assurantiels. Cela concerne les jeunes plantations en particulier, sachant qu’il faut tenir compte du cadre des règles européennes.

Il y a également eu des échanges avec les services locaux de l’État en ce qui concerne les mécanismes de prise en charge des cotisations sociales des exploitants et des employeurs de main-d’œuvre. Malheureusement, on n’a pas pu adapter le dispositif à notre vignoble landais. Il fallait que la viticulture représente 50% du chiffre d’affaires de l’exploitation. Très peu de viticulteurs locaux sont concernés par cette situation.

Par ailleurs, le conseil départemental a assuré notre syndicat de son soutien. On espère pouvoir trouver une solution pour passer les difficultés qui nous attendent.

Au-delà de ces problématiques conjoncturelles, quels sont les grands enjeux pour la filière ?
P. L. - La mission du syndicat est de défendre et promouvoir les vins de Tursan. L’intérêt est d’aller vers toujours plus de qualité, mais aussi s’adapter au goût des consommateurs et répondre aux attentes sociétales, tant au niveau du produit lui-même que pour les modes de production et leurs dimensions environnementales.

C’est pourquoi on travaille à une adaptation de notre cahier des charges. C’est quelque chose que l’on peut faire tous les cinq ans. Un dépôt devrait être réalisé cette année, avec quelques assouplissements.

Ensuite, nous devons aussi valoriser et pérenniser notre activité. Notre vignoble bénéficie d’une vraie dynamique. Pour autant, jusqu’ici, nous n’avons pas vraiment réussi à capter un nombre suffisant de nouveaux viticulteurs. Alors que beaucoup d’exploitations du secteur sont durement frappées par la nouvelle crise de l’influenza, nous devons continuer à travailler le sujet.

F. Brèthes

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