Le ministre n'a pas convaincu les céréaliers
Stéphane Le Foll a tenté de rassurer les producteurs de grandes cultures réunis au congrès d'Orama à Nantes, les 19 et 20 février sur sa volonté de trouver des solutions aux difficultés qu'ils rencontrent sur l'application des règles environnementales. Sans succès.
En revanche le ministre de l'Agriculture a renvoyé à Bruxelles d'éventuels progrès sur un certain nombre de dossiers environnementaux, même s'il partage l'analyse des céréaliers. C'est le cas des 5% de surfaces d'intérêt écologique, les fameux SIE sur lequel le désaccord est complet avec la Commission de Bruxelles, notamment sur la prise en compte des haies et des bordures de bois. C'est également le cas du mulching pour les producteurs de mais pour lequel il reste à convaincre les autorités communautaires, même si le ministre soutient la démarche professionnelle. Réponses attendues au congrès de la FNSEA Idem pour l'interdiction de l'apport d'azote et de produits phytosanitaires dans les terrains en pente (+20%) et qui suscite un véritable tollé chez les producteurs. «Absurde, ingérable, tant pour l'agriculteur que l'administration. La mesure retirerait des centaines de milliers d'hectares de la culture», s'est élevé Philippe Pinta. Un sentiment partagé par le ministre mais dont le devenir dépend de l'issue d'un recours engagé contre la Commission. La France ne veut pas ouvrir un nouveau contentieux avec Bruxelles sur l'application de la directive Nitrates. Également très attendu sur la répartition de l'enveloppe de 150 millions d'euros du plan protéines végétales entre producteurs de grains et éleveurs, Stéphane Le Foll a indiqué qu'il n'avait pas encore pris sa décision, les céréaliers revendiquant pour leur part la moitié de l'enveloppe. Il ne s'est pas non plus engagé, comme le lui demandait le président d'Orama de limiter à 10% le montant de l'enveloppe pour le paiement redistributif qui devrait passer à 20% en 2018. Autant de questions sur lesquelles le ministre est attendu dans les prochains jours et au plus tard au congrès de la FNSEA, fin mars à Biarritz, a averti Philippe Pinta.