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Le marché du vin tente de résister à la crise sanitaire et économique

Les contrats de vrac de début de campagne ne font pas apparaître de décrochage des prix. Le commerce du vin reste cependant tendu, avec la crainte d’accumulation des stocks.

file-Selon FranceAgriMer, les achats de vins tranquilles en grande distribution n’ont en rien compensé la perte brutale du débouché des bars et restaurants ces derniers mois.
Selon FranceAgriMer, les achats de vins tranquilles en grande distribution n’ont en rien compensé la perte brutale du débouché des bars et restaurants ces derniers mois.

En dépit d’un marché alourdi par la fermeture des bars et restaurants et par les difficultés à l’export, les volumes échangés en vrac à la production ont progressé lors des premiers mois de la campagne de commercialisation 2020-2021 (d’août à décembre dernier pour les vins de France et IGP et d’août à novembre pour les vins AOP).

Les échanges en vins de France (SIG) se situent à un niveau supérieur de 6% par rapport à la campagne précédente, ceux des vins IGP de 19%, et ceux des AOC/AOP sont également en hausse, selon la note de conjoncture de FranceAgriMer diffusée à l’issue du conseil spécialisé du 20 janvier.

Au niveau des prix, les vins IGP sont orientés à la baisse (de 3% en moyenne) tout comme les AOC/AOP rouges. Les prix des vins de France et ceux des AOC/AOP blancs, en revanche, opposent une certaine résistance. Ces évolutions, plus contrastées qu’attendu, auraient plusieurs explications.

La vitalité des transactions résulte principalement des stocks importants accumulés à l’issue d’une fin de campagne 2019-2020 relativement calme en raison de la situation sanitaire, observent d’abord les analystes de FranceAgriMer. Ensuite, les statistiques analysées par l’office agricole concernent exclusivement le marché du vrac, moins impacté par la fermeture des restaurants que le marché de la bouteille et épargné jusqu’à ces dernières semaines par les surtaxes américaines.

Enfin, les mesures de distillation mises en œuvre au deuxième semestre 2020 ont sans doute contribué à assainir le marché.

Disparités dans les prix

Les transactions observées sur le marché des AOP en début de campagne font également apparaître que toutes les catégories et appellations ne sont pas logées à la même enseigne vis-à-vis des conséquences de la crise. La note de conjoncture de FranceAgriMer souligne ainsi que les appellations de vin blanc sont les seules à bénéficier de la hausse des prix parmi les AOP, «la majorité des appellations AOP rouges» reculant en termes de prix moyen.

Des contrastes importants apparaissent d’une région à l’autre. Concernant la hausse des prix des blancs, ce sont les Bourgogne qui tirent les prix vers le haut. D’autres régions sont à la peine. «Les Beaujolais sont les vins AOP qui connaissent la plus forte chute de leur prix sur la période d’août à novembre 2020 par rapport à la même période de 2019», écrivent les auteurs de la note. La mévente du Beaujolais nouveau, sorti en pleine période de reconfinement automnal, n’est sans doute pas étrangère à ces difficultés.

Les dernières données relatives à la consommation à domicile confirment que les achats de vins tranquilles en grande distribution n’ont en rien compensé la perte brutale du débouché des bars et restaurants ces derniers mois. Du 6 janvier au 6 décembre 2020, les ventes en hypermarchés et supermarchés ont même baissé de 0,8% en volume et en valeur par rapport à la même période de 2019, selon le panel IRI/FAM/CNIV. Les ventes de vins rouges baissent, tandis que celles de vins blancs et rosés progressent, un phénomène que l’on constate depuis plusieurs années.

Enfin, dernier signe que la conjoncture viticole reste préoccupante : près de 2.700 vignerons et caves coopératives ont demandé l’aide au stockage privé pour obtenir le retrait provisoire du marché de 6,5 millions d’hectolitres d’excédents de vins. Un volume qui dépasse de près de 50% l’enveloppe prévue (40 millions d’euros) pour ce programme. Un afflux qui a conduit le président du conseil spécialisé Jérôme Despey à réclamer une hausse du budget afin que tous les demandeurs puissent être satisfaits.

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