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Le loup s’est installé durablement en France au détriment des activités pastorales

Les loups sont de plus en plus nombreux sur le territoire français et ce succès démographique se fait au détriment des éleveurs. En effet, si leur retour réjouit certains, il pose à d’autres le défi de le faire coexister avec les activités d’élevage… Aujourd’hui, le prédateur est présent dans près de 50 départements français, multipliant les attaques sur les troupeaux.

  

file-Présent en Espagne, le loup pourrait bientôt gagner les Pyrénées françaises.
Les loups sont présents dans près de 50 départements français.

Alors qu’ils avaient disparu depuis 1937, les loups gris sont réapparus en novembre 1992 dans le parc national du Mercantour. C’était, il y a 30 ans ! Aujourd’hui, selon l’Office Français de la Biodiversité (OFB), 921 loups peupleraient la France. Récemment, ils ont colonisé la Franche-Comté, la Normandie, l’Île de France, la Charente-Maritime, le Béarn, le Limousin ou encore la Bourgogne.

Avant le retour des loups, les brebis étaient en totale autonomie sur les estives ou les alpages, pendant que les éleveurs réalisaient les travaux des champs (culture, foin…) dans les vallées. Aujourd’hui, les troupeaux doivent être surveillés en permanence et parqués la nuit.

Les chiens de protection des troupeaux, appelés aussi patou, ont fait aussi leur apparition pour protéger les bêtes. Il faut jusqu’à dix chiens dans certaines fermes pour faire face aux loups. Cependant, leur présence engendre de nombreux désagréments créant plusieurs conflits entre les randonneurs, les VTTistes…, sans compter les charges d’entretien de ces chiens.

Malgré les moyens de protection mis en place, les loups s’y adaptent ce qui les rend inefficaces. Au début, la grande majorité des attaques s’effectuaient la nuit. 30 ans plus tard, la grande majorité des attaques se déroulent en journée. Aujourd’hui, ces carnivores rôdent aux abords des villages, menaçant la sécurité des habitants et l’avenir économique de ces territoires.

Des éleveurs et des bergers usés psychologiquement

Outre la perte des animaux, les blessures irréversibles et les conséquences économiques, malgré les indemnisations pas toujours à la hauteur des pertes réelles, la présence du loup sur un territoire cause un stress permanent pour les éleveurs qui craignent quotidiennement de voir leur troupeau décimé.

Souvent impuissants et incapables de se défendre à cause de procédures administratives trop lourdes, les éleveurs, choqués par la violence des attaques, développent des syndromes post-traumatiques allant de l’insomnie jusqu’aux suicides, avec toujours des répercussions dramatiques et inévitables sur la vie quotidienne de toute la famille. La peur de vivre ou de revivre une attaque obsède chaque éleveur et en décourage beaucoup.

Pour la Fédération nationale ovine (FNO), il est donc temps et urgent que les pouvoirs publics français et européens voient la réalité en face et arrêtent cette politique de protection aveugle des grands prédateurs, et du loup en particulier, au détriment du travail et de la vie des éleveurs ainsi qu’au regard du bien-être de leurs troupeaux.

L’échec du plan loup

Lors de la réunion du groupe national loup qui s’est tenue le 22 novembre à Lyon, FNSEA, les Jeunes Agriculteurs, les fédérations nationales ovine, bovine et des éleveurs de chèvre ainsi que les chambres d’agriculture ont fait valoir l’échec du Plan national d’actions 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage «qui n’a pas su préserver l’équilibre entre la population de prédateurs et les activités pastorales».
 
«Les loups se portent bien, l’expansion de leur population et de leur zone de colonisation est hors de contrôle. En revanche les éleveurs des départements colonisés sont exténués et les systèmes d’élevage à l’herbe en plein air sont à terme condamnés. Les territoires sont progressivement laissés en friche et les dépenses publiques explosent passant de 28 millions d’euros en 2018 à 35 millions d’euros en 2021», notent les six organisations dans un communiqué commun.
 
Pour le prochain plan d’action, elles demandent la mise en œuvre d’un véritable plan de sauvegarde du pastoralisme et de l’élevage afin d’aboutir à l’arrêt des attaques des prédateurs sur les troupeaux. «Le futur plan d’action doit ainsi devenir un plan de protection des éleveurs et de leurs troupeaux et de régulation des loups afin de maintenir la biodiversité, la sécurité face aux incendies et aux avalanches et une économie agricole et touristique vivante dans les territoires ruraux», expliquent-elles.
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