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«Le confinement des animaux ne remet pas en cause l’élevage en plein air»

À la lumière de l’épisode d’influenza aviaire qui frappe les élevages du sud-Adour depuis près de 2 mois, Gilles Salvat, directeur général délégué recherche et références à l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), avance de nouvelles solutions pour préserver les élevages dans le futur.

file-Un épisode très violent d’influenza aviaire frappe les élevages depuis près de 2 mois.
Un épisode très violent d’influenza aviaire frappe les élevages depuis près de 2 mois.

Quels sont les moyens à mettre en œuvre pour sécuriser le Sud-Ouest lors des périodes à risque ?
Gilles Salvat - La priorité est de mettre en place toutes les mesures permettant d’éviter l’introduction du virus dans un élevage pendant les périodes à risque élevé. La première de ces mesures est d’éviter le contact des oiseaux sensibles avec la faune sauvage et le seul moyen d’y parvenir est le confinement des oiseaux d’élevage pendant cette période.
Cela ne remet pas en cause l’élevage en plein air des canards pendant le reste de l’année, mais les conditions de production dans ces périodes à risque doivent être adaptées pour pouvoir permettre le confinement total des animaux dans les bâtiments. Cela nécessite, pour des raisons de bien-être des animaux, de diminuer la densité des animaux dans les bâtiments et cette diminution de la densité participe à la réduction du risque de propagation du virus en cas d’introduction accidentelle dans un élevage.

Quid de la biosécurité ?
G. S. - Les autres mesures de prévention autour de la biosécurité doivent être appliquées avec la plus grande rigueur pendant ces mêmes périodes à risque : la moindre faille peut avoir des conséquences sur l’entrée du virus dans l’élevage, en particulier quand la contamination de l’avifaune est importante comme cette saison.
La réduction de la distance à laquelle les animaux sont déplacés au cours du process de production est également un point important pour éviter la dissémination du virus sur de grandes distances en cas de positivité non détectée du lot déplacé. En effet, la seule surveillance clinique ne permet pas de garantir le caractère indemne des animaux lors du transfert. Les canards peuvent excréter le virus en grande quantité pendant les quelques jours qui précèdent l’apparition des symptômes.

De même, un résultat d’analyse négatif avant transfert n’est valable qu’au moment où le prélèvement a été effectué. Durant la période qui court du prélèvement au résultat d’analyse et au transfert des canards, ceux-ci ont pu se contaminer, et il convient donc de réduire au maximum le délai entre test préalable avant mouvement et déplacement des animaux, en particulier pendant les périodes à risque.
Il va donc falloir à l’avenir être plus rigoureux sur le respect absolu du confinement des oiseaux d’élevage pendant les périodes à risque et diminuer les densités d’animaux et d’élevage pendant ces mêmes périodes pour limiter les risques de propagation en cas d’introduction du virus dans une région de forte production. Tout cela devra être conduit dans le respect très strict des mesures de biosécurité.

La vaccination est-elle une solution pour préserver l’élevage de plein air ?
G. S. - La vaccination suppose plusieurs conditions pour être une solution supplémentaire. Elle doit être autorisée, car pour l’instant, cette vaccination contre l’influenza aviaire est interdite en Europe : un pays qui vaccine n’est plus considéré comme indemne au regard de la réglementation sanitaire mondiale et se voit fermer des portes pour l’exportation vers des pays tiers.
Cette autorisation nécessite donc une concertation entre les filières avicoles pour peser le risque et une négociation contractuelle entre autorités sanitaires pour justifier de son usage et éviter des réactions commerciales négatives.

De plus, elle ne peut être envisagée qu’avec des vaccins capables à la fois de prévenir les symptômes chez les animaux infectés et d’empêcher l’excrétion virale chez ces mêmes animaux. Ce n’est pas le cas des vaccins disponibles actuellement. Les progrès dans la mise au point de vaccins de nouvelle génération laissent espérer que la production de vaccins efficaces à la fois sur les symptômes et l’excrétion soit envisageable à moyen terme.

Le vaccin doit, enfin, être parfaitement adapté à la souche qui circule sur les oiseaux sauvages et en conséquence, compte tenu des délais de production et de mise en œuvre des vaccins, il faut être capable de prévoir quelle sera la nature de cette souche au printemps qui précède la vaccination qui pourrait être mise en place au début de l’automne suivant. Le risque de se tromper de souche n’est donc pas nul.

Tous ces aléas doivent nous conduire à continuer à explorer cette piste vaccinale, mais sans baisser la garde sur toutes les autres mesures préventives. Par ailleurs, la biosécurité améliore le statut sanitaire des élevages vis-à-vis de tous les agents pathogènes susceptibles d’y être introduits, pas seulement l’influenza aviaire, alors que la vaccination ne protège que contre cette dernière.

 

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