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«La revalorisation des prix dans nos filières d’excellence est impérative»

Les responsables professionnels landais des filières d’élevage de bovins allaitant martèlent le besoin urgent d’un réajustement des prix au regard de l’envolée des coûts de production et des difficultés à faire appliquer les lois Egalim.

  

file-La consommation de viande bovine (511.400 TEC, veau inclus) a progressé au cours des cinq premiers mois de 2021 de 2% par rapport à 2020 et de 1% par rapport à 2019, avant que survienne la crise sanitaire.// Photo  Le Sillon
© Le Sillon

C’est un signal d’alarme que lancent les représentants professionnels de l’élevage bovin dans la région. Un groupe rassemblant des responsables des FDSEA des Landes et des Pyrénées-Atlantiques s’est réuni la semaine dernière pour échanger sur le sujet. «La flambée du prix des matières premières et la succession d’aléas que nous avons subie pèsent de manière considérable sur nos exploitations, souligne Emmanuel Larroudé, président de la section bovine landaise. On atteint désormais un point critique».

Les indicateurs interprofessionnels de référence «coût de production et prix de revient» pour les gros bovins viande confirment cette situation, avec une hausse spectaculaire calculée au premier semestre 2022, qui s’est poursuivie depuis.

Dans ce contexte, la revalorisation des prix de vente est devenue un impératif, en particulier sur les animaux de boucherie. «La hausse de 30 centimes par kilogramme de carcasse qui avait été décidée il y a une quinzaine de jours au niveau de la filière Bœuf de Chalosse ne suffit pas, poursuit Emmanuel Larroudé. Force est de constater qu’elle ne fait que compenser une partie de l’envolée de nos coûts… On nous annonce qu’une nouvelle augmentation de 20 centimes devrait intervenir d’ici la fin de l’année. Il faut qu’elle soit respectée».

Décapitalisation

Dans les Pyrénées-Atlantiques, les problématiques sont similaires au niveau des signes officiels de qualité de ce département. «Les tarifs n’augmentent pas aussi vite que les charges et la décapitalisation s’accentue», constate Marc Dupouy

Il y a quelques semaines, Emmanuel Larroudé avait porté le sujet dans les débats avec la préfète des Landes et les services de l’État lors de la rentrée syndicale de la FDSEA organisée chez Vincent Legendre à Saint-Loubouer. Les échanges étaient, notamment, revenus sur les difficultés à faire appliquer les lois Egalim. En effet, la contractualisation obligatoire a été introduite depuis bientôt un an, accompagnée de la formulation des prix en tenant compte des coûts de production. Or, pour des Blondes d’Aquitaine produites sous label, ceux-ci dépassent 7 euros par kilogramme de carcasse.

Le président de la section bovine de la FDSEA 40 déplore l’immobilisme de certains maillons. «Ce sont les productions de qualité, telles que les nôtres sous label rouge, qui on le plus de mal à répercuter les coûts… Pourtant, nos entreprises de commercialisation s’inquiètent de la décapitilisation et cherchent des solutions pour faire tourner leurs abattoirs». Lors d’une table ronde au Sommet de l’élevage, Dominique Guineheux, directeur des achats du groupe Bigard, a effectivement parlé de la sauvegarde des outils de productions, indiquant être prêt à contractualiser et signer des accords en ce sens.

«Nous avons entendu le message et nous continuerons à nous mobiliser pour que notre métier soit justement rémunéré», commentent les responsables professionnels locaux qui martèlent le caractère urgent de leurs revendications. Lors de leurs échanges la semaine dernière, ceux-ci ont évoqué la possibilité de recourir au blocage des animaux dans les fermes si celles-ci ne sont pas entendues. «L’idée est sur la table», confirment Marc Dupouy et Emmanuel Larroudé.

F. Brèthes

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