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Elvéa en route vers la contractualisation

La nouvelle réglementation introduite par la loi Egalim 2 a été au cœur des rencontres avec les adhérents de l’association des éleveurs du Béarn, Pays basque et Landes.

file-L’association Elvéa Béarn-Pays basque-Landes a tenu son assemblée générale le 18 mars, après cinq réunions de secteur organisées ce début d’année autour de la thématique de la contractualisation.
L’association Elvéa Béarn-Pays basque-Landes a tenu son assemblée générale le 18 mars, après cinq réunions de secteur organisées ce début d’année autour de la thématique de la contractualisation.

L’association Elvéa Béarn-Pays basque-Landes a tenu son assemblée générale le 18 mars dernier à Arzacq. Ce rendez-vous faisait suite à cinq réunions de secteurs (à Aramits, Asson, Larceveau, Navarrenx et Tihl) où l’association est venue au plus près de ses adhérents pour présenter la loi Egalim 2 et répondre à leurs questions et inquiétudes sur certains aspects de la nouvelle réglementation, comme la notion de contrat, synonyme d’engagement.

La contractualisation a donc été au cœur de cette assemblée générale qui a été accompagnée d’une session extraordinaire. En effet, la loi Egalim 2 a entraîné la nécessité de modifier certains documents internes comme les bulletins d’adhésion ou les mandats de négociations et commercialisation portant désormais sur une durée de trois ans et non un an.

Le président Bruno Labéguerie, éleveur à Orègue, a estimé que «la loi promulguée en fin d’année suscite toujours de l’espoir pour la rémunération des éleveurs. Mais elle a aussi engendré de la crainte, notamment pour les acheteurs à cause de son caractère obligatoire… Nous restons attachés à des valeurs de liberté : vendre quand on veut, à qui on veut et au prix qu’on veut. Ces notions restent intactes dans Egalim 2, même à travers des contrats. L’association accompagnera tous les adhérents qui le souhaitent». En pratique, la fédération nationale Elvéa France a travaillé sur la proposition de contrats utilisables par les adhérents.

De l’optimisme

Dans son discours, le président Labéguerie a également évoqué le contexte international. «Nous allons devoir nous adapter vis-à-vis des conséquences qui touchent déjà nos exploitations. Cependant, nous avons besoin que l’État soit à nos côtés… Le Covid a été la première alerte réelle pour notre pays, démontrant que l’alimentation est un enjeu de souveraineté. Le conflit Ukrainien est la deuxième et devrais-je dire, le dernier rappel…»

Malgré les difficultés liées à ce contexte général, l’association se veut optimiste quant à l’avenir. Certains signaux positifs doivent être soulignés. À commencer par la contractualisation donc. Des démarches ont déjà été engagées avec l’enseigne Intermarché notamment. «Cependant, la dynamique haussière des intrants exige de faire passer des hausses. On ne pourra y parvenir qu’avec l’aide des éleveurs… Animations, rencontres avec les bouchers, nous devons ensemble aider nos abatteurs».

Selon Bruno Labéguerie, l’envolée des coûts d’engraissement a, une fois de plus, montré que le «maigre» est encore la variable d’ajustement. Si rien n’est fait, ce sera encore le cas demain. «Je regrette que, dans le cadre de la nouvelle PAC, aucun soutien à l’engraissement n’ait été envisagé». Par ailleurs, la réforme de la PAC laisse toujours un goût amer concernant l’aide à l’UGB, avec la problématique des tantes laitières «qui est un mépris pour le bassin du Sud-Ouest».

Pour l’association, l’année 2021 aura aussi été marquée par le déploiement du Plan de relance mis en œuvre par les pouvoirs publics. Les équipes ont présenté cinq fois plus de dossiers d’aides bâtiments que lors des exercices précédents. «Cette dynamique prouve également le besoin d’accompagnement de la part de la puissance publique, note le président. Cet argent public est réinjecté dans l’économie locale, devrais-je dire rurale, pour soutenir la vie dans nos campagnes. Cette ruralité qui paraît bien souvent isolée, mise de côté au ban d’une société qui souhaite tout interdire… L’incertitude du lendemain ne doit pas nous empêcher d’avancer individuellement et collectivement, en restant fédérés au sein de l’association».

Elvéa Béarn-Pays basque-Landes réunit désormais 757 éleveurs (soit plus de 30.000 vaches) sur son territoire d’implantation (62 adhésions en 2021 contre 38 démissions). Cette variation s’explique surtout par l’augmentation des besoins en filières gros bovins labels ou démarches. Au niveau de l’aval, elle regroupe 42 acheteurs désignés (28 négociants, 10 boucheries, 4 chevillards).

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