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2020, une année à oublier pour les céréaliers

Entre pluies abondantes, sécheresse et rendements très moyens, la récolte en blé a été «extrêmement décevante» cette année, selon l’agence d’information et d’évaluation des prix, Agritel. Les céréaliers français vont avoir hâte de tourner la page de l’année 2020.

file-La France, qui connaît sa troisième plus faible récolte de blé tendre sur vingt-cinq ans, s’annonce en retrait à l’export, loin du record de la dernière campagne.
La France, qui connaît sa troisième plus faible récolte de blé tendre sur vingt-cinq ans, s’annonce en retrait à l’export, loin du record de la dernière campagne.

Seulement 29,2 millions de tonnes, à quelques milliers de kilos près. C’est la récolte de blé à laquelle la France doit s’attendre cette année et c’est «la troisième plus petite récolte de ces 25 dernières années, après 2003 et 2016», a expliqué Nathan Cordier, analyste chez Agritel, le 26 août lors d’une visioconférence. Il faut remonter aux années 2003-2004 pour connaître une aussi faible récolte : 29,1 Mt à l’époque.

Importantes disparités

Les causes de cette production historiquement basse sont connues : tout d’abord, un automne pluvieux qui a empêché certains agriculteurs de rentrer dans les champs pour les semis. La conséquence ? Une surface ensemencée de seulement 4,28 millions, «du jamais vu depuis le début du millénaire», a expliqué l’analyste, alors qu’à l’accoutumée, ce sont environ 5 Mha qui accueillent du blé.

Ensuite le rendement à l’hectare a chuté à l’échelle nationale, passant de 7,4 tonnes/ha (moyenne quinquennale) à seulement 6,8 t/ha, en raison des conditions climatiques qui ont pesé sur le développement racinaire des céréales. Cette moyenne annuelle masque d’ailleurs d’importantes disparités. En effet, les rendements sont en net repli sur la façade ouest : -23,7% en Nouvelle Aquitaine, -20,9% en Pays-de-la-Loire et -19,7% en Bretagne, en recul dans les autres régions, sauf les Hauts de France qui restent stables (+0,3%). Seul le Grand-Est tire son épingle du jeu avec des rendements supérieurs de 5,5% entre 2019 et 2020.

Enfin, la sécheresse a emporté les derniers espoirs d’une récolte qui aurait pu dépasser les 30 Mt. Pour seul lot de consolation, les céréaliers peuvent s’enorgueillir d’avoir maintenu un niveau de qualité plus que correct, avec un bon taux de protéines (TP) : 84% de la récolte a un TP supérieur à 11%, la moitié des récoltes se situant entre 11,5 et 12,5%.

Chute des revenus

En termes de potentiel d’exportation, la France devrait reculer d’un rang, passant de la cinquième à la sixième place mondiale. Selon les calculs d’Agritel, notre pays ne disposerait, pour la prochaine campagne que de 13,2 Mt pour l’exportation. Un peu plus de la moitié (6,7 Mt) irait au sein de l’Union européenne, et 6,3 Mt vers les pays tiers, 200.000 tonnes étant réservées aux départements et territoires d’Outre-Mer.

Parmi ces 6,3 Mt, 4,8 Mt seraient vendues au marché africain et 1,1 Mt s’envolerait pour la Chine qui devient un gros acheteur de blé français. En revanche, il peine à séduire le marché algérien qui avait acheté 5,6 Mt à notre pays en 2019 et qui, cette année, ne devrait en acquérir que 2,6 Mt. En cause : «un prix trop élevé à l’achat de l’ordre de 231/232 $ la tonne rendue port d’Alger. Le blé français n’est pas compétitif au regard de ses concurrents», notamment les Russes et les pays baltes, explique Nathan Cordier.

À la mauvaise récolte et à la baisse programmée des exportations, les céréaliers doivent également s’attendre à ce que «les cours ne réagissent pas à la hauteur» de ces phénomènes. Autrement dit, les cours du blé risquent d’être chahutés et le revenu des céréaliers devrait s’en ressentir. Décidément, une année à oublier.

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